« Le nègre vous emmerde », enfin le T-shirt est sorti

novembre 7th, 2009 Posted in A lire ou à relire…, Billets d'Humeur, Evènements | No Comments »

« Il y a pas les grands et les petits. Il y a que nous sommes tous des peuples et que nous méritons d’être considérés comme des peuples avec la dignité que cela représente.

J’ai apporté une parole d’homme. Il y a l’homme, c’est très important, l’homme tout court. Je crois vraiment à l’homme, à l’humanité et à la fraternité.

Et quand je parlais de négritude, c’était pour répondre précisément aux racistes qui nous considéraient comme des nègres, autrement dit des riens. Et bien non ! Nègre vous m’appelez et bien oui, nègre je suis. N’allez pas le répéter, mais le nègre vous emmerde. »

Aimé Césaire

Enfin, voilà le premier T-shirt sur la Négritude, unisexe de très bonne qualité à manches courtes et col V, disponible dans les tailles S/M/L/XL au prix unique de 25 euros frais de ports compris. A commander sur le site, par courriel inversalis.productions@orange.fr ou en écrivant à Librairie des Mémoires, 13 rue Cavenne 69007 Lyon. Tél 0437910733

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La crise de l’Outre-Mer Français vue par……

juillet 29th, 2009 Posted in Evènements | 1 Comment »
Guadeloupe, Martinique, Réunion

Guadeloupe, Martinique, Réunion

Les cheveux brûlés par un défrisant, elle s’attaque à l’Oréal

février 10th, 2010 Posted in Evènements | No Comments »

getaspx1La porte de l’appartement s’ouvre sur une femme à la belle chevelure sombre aux reflets auburn… Des cheveux mi-longs brillants et lisses comme en rêvait Véronique… mais qui sont faux. Depuis 5 mois, cette Lyonnaise de 44 ans, cache son crâne sous une perruque après avoir eu les cheveux brûlés. Fin août, Véronique achète dans un supermarché un lot de trois produits défrisants « Dark and Lovely », de SoftSheen Carson, une marque du groupe L’Oréal. « Je me défrise les cheveux depuis l’âge de 14 ans, une ou deux fois par an. Je ne prends pas toujours les mêmes produits, pour qu’il n’y ait pas d’accoutumance.

Celui-là, je l’avais déjà utilisé il y a longtemps mais le paquet avait changé », explique Véronique. Elle et sa fille Gwenaëlle, 18 ans, s’appliquent le défrisant en même temps. « On doit le laisser 7 à 8 minutes mais là, très vite, on a hurlé toutes les deux « ça pique ! », raconte Véronique. Aussitôt, la mère et la fille se rincent les cheveux, « c’est là que j’ai vu que je perdais mes cheveux », poursuit Véronique, qui reste avec des « cheveux brûlés et collés à la peau ». Aujourd’hui, les cheveux de Véronique ont repoussé de quelques centimètres mais « en faisant des nœuds », même chose pour Gwenaëlle qui explique : « Ça me brûle quand je me lave ».

SoftSheen Carson a proposé une expertise à Véronique et une « réparation capillaire » mais son avocat lui déconseille cet arrangement à l’amiable et Véronique saisi la justice. Elle assure ne pas chercher d’argent mais vouloir « qu’on retire ce produit pour que cela n’arrive pas à d’autres ». Un expert chimiste a été désigné pour analyser le 3e produit acheté, non utilisé. « Il peut s’agir d’une erreur de dosage dans un lot mais je n’exclus pas qu’il s’agisse de contrefaçons dont serait victime L’Oréal », explique Me Ludot, l’avocat de Véronique. Tout en indiquant ne jamais commenter une affaire judiciaire en cours, SoftSheen Carson précise que ses défrisants, « sont des produits parfaitement sûrs lorsqu’ils sont utilisés conformément à la notice d’utilisation. L’ensemble des ingrédients (…) a fait l’objet d’une évaluation de sécurité exhaustive ». L’Afssaps (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé), qui peut interdire des produits cosmétiques si elle constate un danger, a transmis à Véronique une déclaration de cosmétovigilance. « Nous attendons le rapport d’expertise pour la renvoyer », précise Me Ludot. Reste que les produits défrisants ne sont pas anodins : sur internet, nombreux sont les témoignages de femmes ayant eu les cheveux « brûlés » après les avoir utilisés et demandant des conseils pour sauver leur chevelure.

Gabriel NZAMBILA le salaud sympa…

février 10th, 2010 Posted in Evènements | No Comments »

Grand, svelte, jovial et imbu de sa personne, Gabriel NZAMBILA est un homme d’influence, un véritable homme de pouvoir, il a un carnet d’adresse incomparable sur les 5 continents. Gabriel NZAMBILA est capable de changer l’ambiance politique fétide et détestable, qui règne au Congo Brazzaville s’il avait un peu d’amour pour ce pays ; mais, Gabriel NZAMBILA n’aime que Gabriel NZAMBILA

Tout le monde connait Gabriel NZAMBILA et Gabriel NZAMBILA connait tout le monde. Ce Salaud Sympa est l’une des rares personnes qui peut voir SASSOU NGUESSO quand il veut, il l’appelle par son prénom et les deux hommes se tutoient.

Charmeur, charismatique et vénal Gabriel NZAMBILA parle français avec un accent parisien incomparable. Derrière ses bonnes manières et sa fausse modestie se cache l’un des salauds les plus redoutables du Congo Brazzaville ; c’est le parrain de toutes les mafias de Pointe-Noire.

S’il est difficile de cerner avec précision les multiples facettes d’une personne aussi complexe, on peut néanmoins essayer de la comprendre à travers son parcours

Colonel de l’armée congolaise, sénateur à ses heures perdues et surtout franc-maçon, Gabriel NZAMBILA a été pendant longtemps un employé modèle de la société Comilog où il était chargé des relations extérieures

Membre actif du M22 le mouvement de Ange DIAWARA, Gabriel NZAMBILA est devenu au fil des années un pilier indéfectible du pouvoir de SASSOU NGUESSO. (SASSOU NGUESSO avait réhabilité certains membres du M22 car il semblait avoir une dette envers eux…. Sauf Benjamin TOUNGAMANI, Olivier BIDOUNGA, Pierre EBOUNDIT.)

En février 1972 Gabriel NZAMBILA a le grade de lieutenant dans l’armée congolaise, il est arrêté avec ses compagnons du M22 (Ambroise NOUMAZALAYE, ATONDI LECAS, Claude Ernest NDALLA GRAILLE, Benoît MOUNDELE-NGOLO, Franklin BOUKAKA, Guy Romain KIFOUSSIA etc..) ; Franklin BOUKAKA et Guy Romain KINFOUSSIA seront extirpés de la prison pour être exécutés ; par miracle, ce dernier réussira à échapper aux tueurs.

Après 2 ans de prison, tous les membres du M22 sont libérés, s’ensuit une traversée du désert pour certain d’entre eux et l’exil pour d’autres.

En 1979 SASSOU NGUESSO qui a besoin d’évincer le président Joachim YHOMBI OPANGAULT renoue avec Gabriel NZAMBILA qu’il bombarde colonel et avec d’autres cadres du M22 comme Claude Ernest NDALLA GRAILLE, Ambroise NOUMAZALAYE en les réintégrant dans le PCT (Parti Congolais du Travail). Camille BONGOU est nommé 2ième secrétaire du parti, (déjà les amnisties sélectives et les promotions ciblées).

En 1997 Gabriel NZAMBILA est du coté de SASSOU NGUESSO quand celui-ci massacre et tue à tour de bras les enfants du pool ; en remerciement et pour services rendus, il est bombardé sénateur du Kouilou en 2002, reconduit en octobre 2005, Gabriel NZAMBILA démissionne de la fonction de président de la commission défense et sécurité au sein de la Chambre Haute du Parlement le 25 juillet 2008 pour « convenances personnelles ». Ambitieux il ne peut pas se contenter de la compagnie des vieux sénateurs qui pètent dans les réunions sans s’en rendre compte et s‚endorment pendant les débats.

En fait, il veut s’occuper à plein temps de ses affaires notamment d’une entreprise de pèche maritime qu’il possède à Pointe-Noire (cette entreprise n’a jamais péché un seul poisson).

Son ami et frère, Benoît MOUNDELE-NGOLO, atteint récemment de délire mystique depuis qu’il a épousé la jeune fille d’un féticheur de Brazzaville, après avoir usé, dans tous les sens du terme, la femme de son ancien chef, Mme Adélaïde Ange DIAWARA, a fait aussi le même choix (être le soutier de SASSOU NGUESSO). Son nouveau torchon au titre évocateur de « Lettres ouvertes ou Mea Maxi Culpa » a largement été inspiré par les visions nocturnes de son féticheur de beau-père.

Gabriel NZAMBILA est surtout et avant tout le sérénissime Grand-Maître du GRAND ORIENT ET LOGES ASSOCIEES DU CONGO (GOLAC). Crée en 1987, cette obédience maçonnique compte 5 loges à Brazzaville et à Pointe-Noire.

La grande Loge du Congo (GLC) dont le sérénissime grand maître est Denis SASSOU NGUESSO compte 18 loges à Brazzaville, Pointe-Noire, Kinshasa, Bangui et Ndjamena.

C’est Gabriel NZAMBILA qui a fait que le lien soit effectué, au Congo Brazzaville, entre la GNLF (dont SASSOU NGUESSO est le Grand Maitre) et le Grand Orient. Le monde entier franc-maçon vient manger au Congo Brazzaville à la table du Dictateur. Gabriel NZAMBILA est le patron incontesté et incontestable de Pointe Noire, il est le lien entre le monde Blanc mafieux, corrupteur et le monde Noir corrompu ou pas. Gabriel NZAMBILA est une sommité dans la franc-maçonnerie mondiale, il est reçu comme un prince dans les obédiences étrangères au Brésil, en Espagne, aux Etats Unis, à Haïti, au Portugal, en France etc.

Gabriel NZAMBILA est président du CLIPSAS (Centre de Liaison et d’Information des Puissances Maçonnique Signataires de l’Appel de Strasbourg)

Le CLIPSAS a été constitué le 22 janvier 1961 à l’appel du Grand Orient de Belgique et du Grand Orient de France qui, émus par l’intransigeance croissante et les exclusives de plus en plus tyranniques de certaines Obédiences, convinrent de lancer un appel à toutes les Maçonneries du monde afin de les réunir dans le respect de leur souveraineté, de leurs rites et de leurs symboles en une vaste et véritable chaîne d’Union Universelle.

Les activités exécutées par le CLIPSAS réunissent tous les membres de la fraternité maçonnique, à travers les Grandes Loges ou les Grands Orients desquels ils font partie.

Gabriel NZAMBILA est aussi président de l’AMICOCESA (l’Amicale Congolaise du Centre d’Etudes Stratégiques de l’Afrique) un espace qui permet de diagnostiquer et d’examiner les difficultés auxquelles l’Afrique doit faire face.

Leurs assises qui se sont tenu le 29 novembre 2009 étaient organisées sous l’impulsion de l’ambassade des États-Unis au Congo Brazzaville, et avaient connu la participation du bureau de Washington, des autorités militaires et civiles et des parlementaires

Les participants avaient été édifiés non seulement sur la stratégie de défense nationale, mais également sur la problématique de l’intégration régionale en Afrique centrale.

Avec ses tonnes de fromages, SASSOU NGUESSO n’a que des souris et des chiens autour de lui, parfois aussi des agneaux qu’il peut punir à sa guise. D‚un chien il peut faire un homme et de certains hommes des agneaux. Jamais il n’aura le peuple et la légitimité que ce peuple confère.

SASSOU NGUESSO est entouré de rongeurs et d’agneaux ; il s’en fiche du moment qu’il s’empiffre de fromage et satisfait ses pulsions lubriques.

Pour masquer ou minimiser leurs forfaits, les criminels invoquent sans cesse le système en oubliant qu‚un système ne se met jamais en place spontanément. Derrière les partis, les groupes, les associations, les loges ou les obédiences il y a les individus et ce sont ces individus sincères ou pas qui mettent en place les systèmes, les font vivre, les nourrissent et les pérennisent. Exonérer la responsabilité individuelle pour incriminer le système est une malhonnêteté intellectuelle car si le système était responsable de tout, le procès de Nuremberg n’aurait jamais eu lieu.

Oui le Nazisme était un système politique ou une doctrine ignoble et nocive ; cette doctrine était mise en place et entretenue par des individus qui aujourd’hui encore sont pourchassés pour être punis.

Au Congo Brazzaville comme ailleurs la responsabilité individuelle ne peut pas se soustraire devant la responsabilité collective

Quand monsieur Emmanuel YOKA, ministre de la justice intervient auprès d’un juge qui veut faire son travail en âme et conscience, il est responsable, il est coupable et ne peut se cacher derrière le système pour minimiser son forfait

De la même manière, la franc-maçonnerie ne peut pas être stigmatisée et condamnée dans son ensemble car ailleurs, dans d’autres endroits du monde ces mêmes loges ou obédiences font des choses formidables

Félicitations à l’avocat général, procureur de la république par intérim monsieur Claude Ludovic NGOUALA qui vient de démontrer que même au Congo Brazzaville, un juge peut faire son travail

Chaque fois qu’un juge obéit aux injonctions de sa hiérarchie et qu’il ne dit pas le droit en âme et conscience, c’est l’Etat de droit qui recule, c’est la démocratie qu’il piétine, c’est la république qu’il détruit car il n’y a pas d’Etat de droit, de démocratie et de république sans LA JUSTICE

Tout comme la liberté, l’indépendance de la justice ne se donne pas ; tous les dirigeants du monde cherchent à limiter ou à réduire la liberté des juges même quand celle-ci est gravée dans le marbre de la constitution. Les juges doivent se battre farouchement avec les armes que leur donne le législateur (le code civil, la constitution et les traités internationaux) pour préserver leur indépendance. Quand la justice est malade c’est toute la société qui souffre.

Plus que quiconque, monsieur Emmanuel YOKA plus orgueilleux encore que son neveu Denis SASSOU NGUESSO, détruit méthodiquement et activement le tissus social et la société congolaise par ses interventions auprès des juges pour favoriser ses amis. S’il n‚en est pas conscient alors il est tout simplement fou et devrait démissionner s’il lui reste encore un peu de raison.

La justice est avant tout une valeur morale qui allie le respect et l’équité à l’égard d’autrui. La justice doit avant tout protéger le faible et soulager la victime. Le puissant peut se passer de la justice, le pauvre ou la victime n’a que la justice La justice doit « rendre la justice » et « dire le droit ».

Patrick Eric Mampouya

J’accuse l’élite congolaise initiée et profane

février 10th, 2010 Posted in Billets d'Humeur | No Comments »

Et si c’est l’élite congolaise, initiés d’un côté et profanes de l’autre ; qui nous impose la dictature et la domination de SASSOU NGUESSO ?

La situation du Congo est particulièrement choquante et, elle suscite en toute personne qui aime ce pays une profonde tristesse.

L’élite congolaise, initiés d’un côté et profanes (laïcs, religieux, animistes, athées) de l’autre, continuent sans gêne d’octroyer crédits et crédibilité au régime illégitime, illégal et dictatorial de SASSOU NGUESSO ; et, de légitimer par des élections en trompe-l’œil son pouvoir par tous les moyens alors, que la majorité des congolais refuse (au regard des présidentielles 2009) de le légitimer jusqu’à ce que toutes les forces vives du Congo, comme en 1991 ; statuent ensemble sur le devenir des institutions du Congo Brazzaville.

Toutefois, nous le savons tous, grâce à Marx WEBER ; qu’en politique, il y a deux péchés mortels : « ne défendre aucune cause et n’avoir aucun sens de la responsabilité ».

L’élite congolaise (initiée et profane) défend-elle une cause démocratique dans notre pays ? -Et si elle en défend une, a-t-elle le sens de la responsabilité ?

La ruée vers la soupe de Mpila, cette démarche personnelle et égocentrique mue par des intérêts personnels de ceux-là même ; qui ont la charge d’éclairer la conscience politique pour permettre aux congolais de comprendre les enjeux afin d’exprimer plus clairement leur choix politique, enterre tout espoir.

L’instabilité et le manque de constance de cette élite sont apparues au grand jour et, beaucoup des congolais commencent à sortir de leur grande torpeur en se demandant : « Et si c’est l’élite congolaise qui nous impose en douceur la dictature et la domination de SASSOU NGUESSO ! ».

Non, l’élite congolaise, (initiés d’un côté et profane de l’autre) ne défend aucune une cause démocratique dans notre pays.

En effet, l’élite congolaise (initiés et profanes) cite souvent en exemple le Général DE GAULLE comme étant, le symbole de la résistance contre la dictature et l’atteinte à la souveraineté nationale ; oubliant souvent, que c’est en refusant l’arbitraire de Vichy, qu’il est allé se réfugier en Angleterre pour continuer la lutte, à la fois, contre l’occupant et contre l’arbitraire des traîtres français au service dudit occupant. C’est de l’Angleterre que fut lancé l’appel à la résistance. S’il était resté à Vichy, il serait devenu, sans se tromper, soit un homme mort ou soit un collabo. Vous connaissez la suite dans les deux cas.

De ce fait, nous pouvons affirmer que, la cause nationale que devait défendre l’élite congolaise c’est : la défense de la constitution de 1992, de la démocratie multipartite, de l’État de droit, des libertés humaines, des valeurs républicaines, des droits d’un peuple à disposer de lui-même…

Or, l’élite congolaise a été incapable de défendre le trésor national chèrement acquis à l’issue de la conférence nationale souveraine de 1991. Elle a laissé mourir la démocratie naissante. Nous le savons tous, grâce à Marx WEBER ; qu’en politique, il y a deux péchés mortels : « ne défendre aucune cause et n’avoir aucun sens de la responsabilité ».

Si les diplômes des élites congolaises manquent d’intelligences pour savoir défendre ces grandes causes nationales, il ne faut pas que les congolais aient hontes de faire appel aux diplômés intelligents étrangers pour les aider à défendre ces causes selon la bonne lecture du droit. Ne faisons-nous pas appel à la technologie des autres pour extraire nos matières premières sources de notre richesse ? Les élites congolaises qui mettent en avant l’usage des armes pour avoir raison sur l’autre se sont trompées de vocation, un recyclage leur est indispensable.

Si bien que, en circulant dans les rues de Brazzaville, de Pointe noire et autres localités du Congo ; de nombreux congolais dénoncent et critiquent l’élite congolaise (initié et profane). On entend souvent les propos du genre : « l’élite congolaise, initiés comme profanes, tous pourris, tous potes du dictateur SASSOU NGUESSO, les élections ne servent à rien et ; c’est une perte de temps d’aller aux élections. La tenue des élections telles que nous les connaissons, ne changera rien dans ce pays, je ne voterai plus au Congo… « .

Certes, ce désintéressement total de la politique par la population est un suicide collectif au sens où il fait le lit du pouvoir de SASSOU NGUESSO mais, il nous revient de nous interroger sur les raisons de ce rejet massif de la chose politique. Deux choses expliquent peut être le désintéressement total de la politique au Congo : la trahison du consensus arrêté lors de la conférence nationale souveraine de 1991 et la participation des élites congolaises aux différentes élections en trompe-l’œil pour donner une légitimité au pouvoir illégal de SASSOU NGUESSO.

La trahison du consensus arrêté lors de la conférence nationale souveraine de 1991

A titre de rappel, comme nous le savons tous, dans notre pays, à la conférence nationale souveraine de 1991, la nation tout entière par ses représentants, avait trouvé un consensus sur le modèle de notre démocratie et sur les règles de jeu politique.

Ce consensus était l’image de la démocratie au Congo, elle était notre démocratie, notre liberté et notre avenir. Le document symbolisant ce consensus se nomme constitution de 1992, qui était devenue sacrée dès lors qu’elle a été votée par le peuple souverain à la majorité absolue conformément au cadre défini par ledit consensus. Un gouvernement, un régime, un pouvoir, un président est légitime, s’il se conforme à ces règles de jeu politique. Quand un usurpateur s’empare du pouvoir par la force, abroge unilatéralement la constitution votée par le peuple, même s’il organise des pseudo-élections pour ce faire légitimer, nous devons tous le combattre.

Certes, certains diront, c’est une grande erreur que de faire croire aujourd’hui, que le Congo a perdu le consensus de la conférence nationale souveraine de 1991 par la seule faute de l’élite congolaise (initiée et profane). Mais, face à la puissance de feu de SASSOU NGUESSO qu’aurait pu faire l’élite congolaise ?

En vérité, quand on sait ce que voulait SASSOU NGUESSO aujourd’hui, c’est-à-dire, en finir au plus vite avec la constitution issue de la conférence nationale souveraine de 1991 ; on est en droit de s’interroger sur le silence de cette élite sur les multiples violations de ladite constitution par LISSOUBA et, sur les actions de SASSOU NGUESSO. C’est vrai aussi, qu’elle n’avait pas des moyens militaires mais, au point où nous en sommes, il faut le dire : « elle n’a rien fait ».

Car, la constitution de 1992 représente tout pour les congolais : les valeurs, la démocratie multipartite, les droits de l’homme et la sécurité humaine. Les congolais s’interrogent toujours sur les causes de cette immense lacune de notre élite qui a entraîné le triomphe de SASSOU NGUESSO.

D’ailleurs, la constitution de 1992, la seule constitution aux origines réellement démocratique, obligeait les congolais de n’obéir pas à un régime illégitime. Mais, dès le départ de LISSOUBA du pouvoir dans les conditions et les causes que les congolais savent, l’élite congolaise et les notables de l’opposition rompirent (sans qu’ils y soient contraint par la force quoique chassés du pouvoir par les armes) le consensus de la conférence nationale souveraine au profit du système de valeurs anticonstitutionnelles imposé par Monsieur SASSOU NGUESSO.

Nos élites (initiés et profanes) n’ont pas fait leur travail. Est-ce en perdant la guerre, avions-nous aussi perdu le droit de défendre les acquis de la conférence nationale souveraine de 1991 cristallisés dans la constitution congolaise de 1992, dont d’ailleurs s’était appuyé SASSOU NGUESSO pour mettre fin aux graves manquements démocratiques et constitutionnels apparus pendant le régime de Pascal LISSOUBA ?

Et surtout, depuis jour pour jour treize ans, la constitution issue de la conférence ne trouve pas défenseur parmi nos élites (initiés comme profanes). Les uns la trouve trop ceci et pas assez cela.

Les autres, au contraire, lui reproche d’être trop cela et pas assez ceci. Personne ne veut la défendre. Les raisons avancées par notre élite sont : la sauvegarder de la paix et l’unité nationale. Mais, quelles paix et quelle unité nationale !

Toutefois, laissez désigner la constitution votée par le peuple à la majorité absolue comme étant à l’origine de tous les maux de la société congolaise n’est-il pas un crime ? Et surtout, faire accepter un État arbitraire au peuple ; n’est-il pas enlever la muselière dans la bouche de la bête carnassière capable de dévorer le peuple congolais ?

En vérité, l’État issu de l’abrogation unilatérale de la constitution de 1992 n’a pas l’aspect d’un herbivore. C’est une bête carnivore qui dévore tous sur son passage. Comme l’affirme SCHOPENHAUER : « L’État n’est que la muselière dont le but est de rendre inoffensive cette bête carnassière, l’homme et, de faire en sorte qu’il ait l’aspect d’un herbivore ». Les conséquences affectent des centaines de milliers de congolais, de nombreuses façons différentes.

C’est pourquoi, faute d’avoir défendu le consensus de la conférence nationale souveraine de 1991 fondé sur le respect de la dignité humaine, d’égalité, de justice, de démocratie, du multipartisme, de non discrimination et des droits de l’homme ; et, surtout en rompant ensemble avec SASSOU NGUESSO, d’une façon unilatérale ce consensus, j’accuse l’élite congolaise (initiée et profane) :
- de haïr le peuple congolais,

- de détournement d’esprits du congolais,

- de faire un lavage de cerveaux des congolais pour faire perdurer la dictature,

- de complicité de pillage des ressources naturelles du Congo par la famille NGUESSO,

- de non-assistance à peuple congolais en danger,

- et de maintenir le peuple congolais dans la prison de la dictature.

Enfin, voici ce que disait Napoléon 1er concernant la naissance d’un évènement de nature à changer les choses en profondeur : « …les hommes qui ont changé l’univers n’y sont jamais parvenus en gagnant des chefs ; mais toujours en remuant des masses… « .

Les élites ont pour tâche d’une part, de développer la conscience politique d’un peuple pour que ce dernier puisse se mobiliser contre l’usurpateur et d’autre part, d’encourager le peuple à défendre la justice, la démocratie et les droits de l’homme pour vivifier le vivre ensemble.

Monsieur SASSOU NGUESSO serait inexistant devant une élite congolaise et un peuple attachés à ces valeurs : c’est là que réside son talon d’ACHILLE. Comme nous l’avons déjà dit, les congolais ont maintenant compris que la nature de l’État à des conséquences sur l’organisation économique, politique et sociale du Pays et, sur la mise en place d’actions en direction des publics les plus fragilisés (sinistrés de la guerre, personnes âgées, enfants, femmes enceinte sans revenus, sans emploi, chômeurs, familles sans revenu, sans toits, orphelins, etc.) ainsi que l’instauration des politiques sectorielles : politique de santé, politique de l’emploi.

La participation aux différentes élections en trompe-l’œil pour donner une légitimité au pouvoir illégal de SASSOU NGUESSO.

« En République du Congo, malgré des avancées réalisées au début des années 1990, le système de gouvernance a toujours été marqué par la difficulté d’asseoir un cadre Démocratique permettant aux citoyens d’exprimer leurs libres choix. Ces insuffisances dans la gouvernance politique n’ont pas toujours permis la mise en place d’une politique économique de qualité, d’asseoir des institutions crédibles et une justice impartiale, de protéger les droits humains et de permettre à la société civile de faire entendre aisément sa voix ». (Rapport du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) sur le développement humain de janvier 2002, p.43).

Ce constat dressé par le PNUD, à quelques jours de diverses échéances électorales, est sans complaisance mais réaliste, comme a pu s’en rendre compte le peuple congolais après les élections présidentielles 2009.

Étant donné que, les élites congolaises, ceux-là même qui parlent de la démocratie, ont aidé SASSOU NGUESSO pour mettre en place une machine de tricherie ; et, pour qu’il comprenne que les élections libres transparentes sont dangereuses pour sa survie politique.

Ainsi, au Congo, SASSOU NGUESSO peut commander les congolais sans qu’il ait été choisi par eux pour le faire. En d’autres termes, les élections libres dont parlent nos élites et SASSOU NGUESSO ne sont que des élections en trompe-l’œil. Le rôle des élections restent limitées. Il s’agit de pseudo-élection où les congolais ne choisissent pas les représentants, puisqu’ils n’ont pas le choix, mais de ratifier le candidat de SASSOU NGUESSO.

Pourtant, l’article 21 de la Déclaration universelle des droits de l’Homme de 1948 qui stipule : « …. La volonté du peuple est le fondement de l’autorité des pouvoirs publics ; cette volonté doit s’exprimer par des élections honnêtes qui doivent avoir lieu périodiquement, au suffrage universel égal et au vote secret ou suivant une procédure équivalente assurant la liberté du vote » et plusieurs textes (nationaux et internationaux) prédisposent l’élite congolaise à avoir des armes pour défaire la volonté manifeste et unilatérale du régime de Monsieur SASSOU NGUESSO d’organiser des élections gagnées à l’avance.

Mais, l’élite congolaise n’a tiré aucun profit de toutes ces prédispositions, en revanche, elle s’est engagée comme un aveugle dans une voie sans issue pour elle et, dans laquelle la volonté du peuple n’est pas le fondement de l’autorité des pouvoirs publics. L’élite congolaise n’a pas œuvré dans le sens de faire exprimer la volonté du peuple au moyen des élections honnêtes et transparentes se déroulant en toute liberté.

C’est pourquoi, j’accuse Mathias DZON, Ange Edouard POUNGUI, Guy-Romain KINFOUSSIA, Clément MIERASSA, Nicéphore FYLLA de Saint-Eudes, Bonaventure MIZIDY, Christophe MOUKOUEKE, Jean-François TCHIBINDA KOUANGOU, Marcel GUITOUKOULOU, ANGUIOS NGANGUIA ENGAMBE, Bertin PANDI NGOUARI, Marion MANDZIMBA EHOUANGO, Joseph HONDJUILA MIOKONO, Rigobert NGUOUOLALI, Joseph KIGNOUMBI KIA MBOUNGOU et Jean Jim EBINA qui ont légitimé les présidentielles 2009 en se présentant comme candidats ; et, en contribuant à la réélection de SASSOU III de :
- de crimes contre la démocratie,

- d’homicide volontaire à l’encontre des générations futures.

- d’ôter au peuple tout espoir de vie et toute ambition pour l’avenir.

Enfin, la force de SASSOU NGUESSO a toujours été les élites (initiés et profanes). C’est elle qui manipule les congolais. D’ailleurs, c’est une manipulation du peuple par ces mêmes élites, qui avait déjà permis à Denis SASSOU NGUESSO de se faire élire en 2002, avec 89 % des voix alors, qu’il n’était arrivé qu’en troisième position avec 17 % des voix en 1992, « lors du seul scrutin déclaré libre et transparent par l’ensemble de la communauté internationale ».

L’élite congolaise n’a pas le sens de la responsabilité

En effet, au Congo, la question de la responsabilité de l’élite (initiée comme profane) inquiète beaucoup, parce qu’elle ne fournit pas de véritable solution au peuple qui souffre.

L’élite congolaise n’est pas un électron libre détaché de son environnement et dédouané de toute responsabilité. Les docteurs congolais en droits, en économie, en science politique, en sociologie, en psychologie… sont un peu responsables de l’ignorance de la population sur ce qu’ils ont apprivoisé durant leurs études. Et, personne parmi notre élite n’a créé une association ou un parti politique pour instruire le congolais sur les enjeux politiques, économiques, juridiques, sociales et géopolitiques du pays.

Pourtant, c’est dans cet environnement qui façonne au quotidien les droits de l’homme, la justice, l’unité nationale que devrait vivre le peuple, si l’élite congolaise était responsable car, « L’archétype de toute responsabilité est celle de l’homme envers l’homme » dit Hans JONAS.

Mais, la ruée vers la soupe de Mpila, cette démarche personnelle et égocentrique mue par des intérêts personnels de ceux-là même ; qui ont la charge d’éclairer, d’organiser et de développer la conscience politique pour permettre aux congolais de comprendre ces enjeux afin d’exprimer plus clairement leur choix politique inquiète.

En fait, les élites du Congo ont abandonné le sens de leur responsabilité et, elles servent plutôt un homme sous forme de la loi qu’elles craignent beaucoup plus que la loi. Elles le montrent en faisant ce que cet homme recommande et ordonne. L’élite congolaise est en train de faire cuire le peuple pour sauver le régime de SASSOU NGUESSO issu d’un coup-d’état : chaque jour, le peuple est submergé d’informations plus acceptables des actions politiques de SASSOU NGUESSO que la veille, de telle sorte qu’il n’ait plus le temps de réagir tellement le flot d’informations est gigantesque. Résultat : beaucoup des congolais commence à accepter sans réagir le régime de SASSOU NGUESSO.

Néanmoins, le socle de notre démocratie est la constitution de 1992. Elle seule garantie les droits de l’homme, la démocratie, la paix et la solidarité nationale. La priorité à donner aux élections, doit être conditionnée par le retour à la légalité et à la légitimité. Mais, quelle élite les défend ?

Le pire est que, les nombreuses églises qui pullulent et qui collectent les dîmes dans notre pays, ne dénoncent pas la domination de l’homme par l’homme visible et pratiquée par SASSOU NGUESSO en tout lieu au Congo.

Dieu nous a-t-il ordonné de dominer sur l’homme ? N’ayant jamais lu la bible, beaucoup des congolais ignorent cette vérité GEN7SE 1 : 26-27 : « Puis Dieu dit : faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance et qu’il domine sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur tous les reptiles qui rampent sur terre. Dieu créa l’homme à son image, il le créa à l’image de Dieu, il les créa l’homme et la femme ».

En revanche, la connaissance de la vérité dissout tout pouvoir, toute autorité, toute puissance, toute domination ; et, leurs raisons d’existence. Or, ce que l’on entend de la bouche de nos élites c’est : la paix ! la paix ! la paix ! Mais, qui est-ce qui menace la paix au Congo et domine le peuple (image de Dieu) ? Nous le savons tous, c’est SASSOU NGUESSO qui à l’origine de notre malheur alors, pourquoi ce silence complice !

Et surtout, la valeur absolue de toute chose, c’est la vie et non l’argent de SASSOU NGUESSO ! Mais puisque cela échappe à notre élite qui inverse la réalité, en donnant à l’argent de SASSOU NGUESSO valeur de vie malgré l’abrogation unilatérale de la constitution de 1992, le génocide au sud du pays et les destructions massives.

Mais, le drame est que beaucoup de congolais espèrent encore en cette élite qui a trahis et mentis le peuple ensemble avec SASSOU NGUESSO et, qui continuent de nous tuer tous à petit feu. Je le dis et le répète, nous méritons mieux que tout cela. Nous ne devons plus accepter que nos seuls choix soient la mort ou la survie. Le peuple congolais mérite mieux que ce que lui propose cette élite qui ressemble à ces « drones Hunter » lancés, dans le camp de la résistance afin d’y faire de la « casse ».

Enfin, cessant de nous confier en cette élite (initiée et profane) qui règne avec SASSOU NGUESSO ; nous ne trouverons en elle que déception et, parce qu’elle continuera sans gêne d’octroyer crédits et crédibilité à l’homme de Mpila. Plaçant donc notre salut sur le peuple, car seule la mobilisation populaire pourra anéantir ce régime.

Conclusion

Au regard de tout ce qui précède, nous pouvons affirmer sans risque que l’élite congolaise (initiée et profane) ne défend aucune cause dans notre pays et, elle n’a pas le sens de la responsabilité. C’est pourquoi, nous affirmons que, c’est elle qui nous impose en douceur la dictature et la domination de SASSOU NGUESSO.

C’est pourquoi, pour sortir de cette situation, aidé le pays à sortir du conflit politique permanent et préparer le terrain pour le développement ainsi que la sécurité la sécurité humaine des congolais ; nous devons tous exiger la tenue d’un vrai dialogue national sans élusif avec toutes les forces vives du Congo (partis politiques, associations, confessions religieuses, syndicats…).

Mais, pour pousser vers le chemin du vrai dialogue ce régime qui a abrogé unilatéralement le consensus national sur les règles du jeu politique votées par le peuple congolais le 15 Mars1992 ; et, qui se maintient par des élections en trompe-l’œil en distribuant la soupe aux notables de l’opposition et aux élites ; ce sont nos démarches personnelles et égocentriques mues par des intérêts personnels qu’il faut abandonner.

La vraie opposition démocratique doit s’organiser. Sans une réelle organisation (coordinations des actions et divisions des tâches politiques à accomplir) et, sans un vrai projet mobilisateur qui pointe l’avenir du doigt de notre part ; le peuple ne nous suivra pas non plus.

Le drame serait d’espérer encore en cette élite (initiée et profane) qui a trahis et mentis le peuple ensemble avec SASSOU NGUESSO et, qui continue de nous tuer à petit feu.

Patrick Eric Mampouya

Quelle est la qualification juridique de la gestion du pétrole congolais par le pouvoir actuel ?

février 10th, 2010 Posted in Evènements | No Comments »

Le détournement de milliards de francs CFA du pétrole congolais par le pouvoir actuel, et la paupérisation des Congolais qui ne jouissent pas de la manne pétrolière, sont tellement connus que ce serait ressasser des évidences et ennuyer les lecteurs que d’en reparler à travers les lignes qui suivent.

Il convient plutôt de s’intéresser à la qualification juridique de la gestion du pétrole congolais au regard de la Constitution du 20 janvier en vigueur dans notre pays.

Son article 38 dispose : « tout acte, tout accord, tout arrangement administratif ou tout autre fait, qui a pour conséquence directe de priver la Nation de tout ou une partie de ses propres moyens d’existence tirés de ses ressources ou de ses richesses naturelles, est considéré comme crime de pillage imprescriptible et puni par la loi. »

L’article 39 de la Constitution précise que : « tous les actes visés à l’article précédent ainsi que leur tentative, quelles que soient les modalités, s’ils sont faits d’une autorité constituée, sont, selon les cas, punis comme de haute trahison ou comme acte de forfaiture. »

Point n’est besoin d’être un professeur émérite ou une sommité du droit pour comprendre que tous les détournements des recettes pétrolières, y compris la commercialisation des cargaisons fantômes de brut -au détriment du Trésor public- entre dans le prescrit de l’article 38 de la Constitution du 20 janvier 2002.

C’est d’autant plus vrai que ces milliards profitent largement a Denis SASSOU NGUESSO, à sa famille, à la constellation des sociétés écrans basées dans les paradis fiscaux et détenus par ce vaste réseau mafieux comprenant les différents apparatchiks du pouvoir sans oublier la SNPC et la COTRADE.

Cette dernière société vient du reste d‚être dissoute sous la pression du Fond Monétaire International.

La COTRADE recevait chaque année, du budget de l’Etat, des subventions qui se chiffraient en milliards mais ne rapportait rien, en contrepartie, à l’Etat. Ce n’était qu’une des multiples sociétés écrans par lesquels la famille NGUESSO détournait l’argent public. La sophistication des méthodes de détournements des milliards générés par la commercialisation de notre or noir a atteint un niveau inimaginable !

Etait-ce un hasard si Willy NGUESSO était à la tête de cette société ?

En s’appuyant sur l’article 38 de la Constitution, on peut affirmer sans réserves que :
1. Tous les détournements du brut revenant à l’Etat congolais, son achat à vil prix par ces sociétés écrans des dignitaires du pouvoir et les détournements des recettes pétrolières constituent incontestablement des crimes de pillage. Cette qualification juridique ne souffre d’ailleurs aucune contestation. Le crime, on le sait, est la plus grave des infractions de droit commun, le sommet pour ainsi dire.

2. Ces crimes de pillage, compte tenu de leur exceptionnelle gravité, sont cependant assimilables, par la Constitution, aux plus graves crimes contre le droit international humanitaire que sont les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité et les crimes de génocide dont on sait qu’ils sont imprescriptibles, par opposition aux crimes de droit commun dont la prescription de l’action publique et celle de la peine sont respectivement de 10 et 20 ans.

Compte tenu de l‚imprescriptibilité des crimes de pillage, conformément à l’article 38 de la Constitution, la poursuite en justice de tous les auteurs « d’actes, d’accords, de conventions, d’arrangements et autres faits, qui ont pour conséquence de priver la Nation de tout ou partie de ses propres moyens d‚existence tirés de ses richesses ou de ses ressources naturelles » est constitutionnellement garantie.

Autrement dit, tous ces criminels seront poursuivis, sans limite de temps, pour peu qu’ls soient encore en vie, après leur départ du pouvoir.

L’article 38 de la Constitution est, à cet égard, un rempart contre l‚impunité. La seule condition est l’arrivée au pouvoir des nouveaux dirigeants n’ayant rien à avoir avec cette camarilla.

On ne doit toutefois pas se leurrer. Tant que ces pillards et criminels de la pire espèce seront encore au pouvoir, l’impunité sera la règle. On ne verra ni la Cour criminelle ni la Haute Cour de justice poursuivre et condamner ces malfaiteurs qui se comportent comme des étrangers venus au Congo pour s’enrichir et rentrer un jour chez eux.

On ne verra pas davantage la Cour des comptes et de discipline budgétaire mener de vraies investigations et transmettre les dossiers de ces derniers aux juridictions répressives compétentes en vue du déclenchement des poursuites pénales.

Le silence coupable de la Cour des comptes, suite au détournement de 211 milliards de francs CFA en 2008, par le DG des douanes, est très éloquent à ce sujet. Il ne serait du reste pas exagéré de dire qu’ils sont indignes d’être appelés Congolais. Comment de vrais nationaux peuvent-ils ainsi, de manière éhontée et sans gêne ni remords, s’engager obstinément, et de manière frénétique, dans ce qu’il faut bien qualifier de véritable entreprise de destruction multiforme de leur pays et de maintien de leurs compatriotes dans une pauvreté aussi bien inimaginable et sans précédent que paradoxal, eu égard aux énormes potentialités de notre pays ?

Mais il convient de préciser que le cas de Denis SASSOU NGUESSO est tout à fait particulier par rapport aux autres pillards et criminels. En effet, de part le serment prêté par lui, avant d’entrer en fonction et prévu à l’article 69 de la Constitution, il avait solennellement juré, entre autres, de : « consacrer l’intégralité des ressources naturelles au développement de la Nation » et de « protéger et de respecter le bien public. »

Dans la pratique, nous savons bien qu‚il n‚en est rien. C‚est même le contraire qu’il fait. James PAVEL NGALEBAYE l’avait du reste bien relevé (La Semaine Africaine n°2805 du vendredi 4 juillet 2008. page 4) en ces termes : « Au Congo, les revenus tirés du pétrole n’ont, jusqu’à présent, que rarement été mis au service du développement du pays. Le pays compte, en effet, parmi les plus pauvres dans le classement effectué par le PNUD où il occupe la 144ème place sur 177 pays classés. La rente pétrolière y a favorisé une forte corruption, la violation des droits de l’homme et bien souvent a été à l’origine des guerres civiles, malgré la promesse du gouvernement d’améliorer la transparence en ce qui concerne la gestion du pétrole, hélas la gestion des affaires publiques laisse encore à désirer ». On ne peut être plus clair !

En ne consacrant pas l’intégralité des ressources naturelles au développement de la Nation mais plutôt à l’enrichissement de sa famille et de ses acolytes, Denis SASSOU NGUESSO viole délibérément le serment qu’il avait prêté avant d’entrer en fonction. Il a commis un parjure et a manqué gravement aux obligations de sa charge. Le crime de pillage est manifestement établi et le conduira, inévitablement, devant la Haute Cour de justice, dès qu’il aura quitté le pouvoir.

Qu’il s’agisse de lui ou d’autres pillards, les preuves de leur culpabilité seront très facilement trouvées auprès des organisations comme la FIDH, le CCFD et Transparency International pour ne citer qu’elles. Mais les preuves viendront aussi d’autres personnes qui les détiennent, mais qui ne peuvent pas encore les rendre public pour le moment, pour leur sécurité.

Dès le départ de ces pillards du pouvoir, les langues vont inéluctablement se délier. Ce qui favorisera des révélations de toutes sortes en rapport avec cette vaste mise à sac du pays.

Mais nous devons prendre garde qu’il n’y ait, par la suite, une révision de la Constitution, initiée par SASSOU NGUESSO, sur le fondement de l’article 185 de ce texte.

En effet, il ne fait aucun doute qu’après compris le danger que représente pour eux l’imprescriptibilité des crimes qu’ils sont en train de commettre, ils n’hésiteront pas à engager une révision constitutionnelle pour convenance personnelle ou tripatouillage afin d’ôter l’imprescriptibilité aux crimes de pillage des ressources naturelles du pays. Mais une telle révision pourrait aussi venir du Parlement où Denis SASSOU NGUESSO dispose d’une majorité factice et godillot.

Certes l’article 186 alinéa 3 de la Constitution prévoit que la révision constitutionnelle n’est définitive qu‚une fois approuvée par référendum. Mais depuis que ce pouvoir illégitime est là depuis 13 ans, il n’a jamais organisé une seule consultation électorale qui soit libre, régulière et transparente.

On ne peut donc pas se bercer d’illusions sur l’issue d’un tel référendum s’il venait à être organisé.

L’alternance au pouvoir dans notre pays étant inéluctable, tous ces criminels économiques et pillards, devront être traduits en justice avec l’arrivée au pouvoir de nouveaux dirigeants.

Terrence LOMBISSA

COALITION CONGOLAISE ‘’PUBLIEZ CE QUE VOUS PAYEZ ’’

février 10th, 2010 Posted in Evènements | No Comments »

Après le point d’achèvement, quel avenir pour la transparence du secteur pétrolier et la lutte contre la corruption au Congo Brazzaville ?

Le Fonds monétaire International et l’Association Internationale pour le Développement (IDA) ont annoncé le 28 janvier dernier la décision d’accorder le point d’achèvement à la République du Congo dans le cadre de l’Initiative des Pays Pauvres Très Endettés (1). Selon les différentes déclarations des fonctionnaires de ces deux institutions, le Congo a rempli toutes les conditions nécessaires pour atteindre le point d’achèvement.

La Coalition Congolaise « Publiez Ce Que Vous Payez » (PWYP Congo) qui suit avec une attention particulière la mise en œuvre des reformes en vue d’une meilleure gouvernance du secteur pétrolier notamment, prend acte de cette décision et se félicite de cette avancée résultant de son plaidoyer en matière de transparence et de gouvernance des ressources naturelles. Tout en saluant une étape déterminante dans le projet de relance de l’économie congolaise, la campagne PWYP Congo en appelle à une mise en pratique des réformes pour adhérer effectivement aux déclencheurs retenus lors du passage au point de décision.

1-De la transparence du secteur pétrolier

Avant l’accession au point de décision, « Publiez Ce Que Vous Payez Congo » ainsi que plusieurs organisations internationales travaillant dans le domaine de la transparence et la lutte contre la corruption avaient exprimé leurs inquiétudes quant à la gestion du secteur pétrolier.

Conformément à ces préoccupations, plusieurs déclencheurs avaient été retenus pour accroître la transparence et la bonne gouvernance du secteur : il s’agissait notamment de renforcer le système interne de contrôle et la comptabilité de la SNPC par des audits annuels successifs, ainsi que la commercialisation du brut selon les meilleures pratiques internationales.

Si les premiers audits de la SNPC nous ont renseigné sur le fait que les comptes de la société nationale des pétroles du Congo n’étaient pas auditables et que l’on ne pouvait les certifier, les derniers audits (2006-2007) montrent que des problèmes subsistent au niveau des contrôles internes et de la comptabilité.

Coalition Congolaise « Publiez Ce Que Vous Payez ! »
Secrétariat Exécutif : B.P. :939 Pointe-Noire
Tél. : (242) 595 52 46, (242) 557 90 81
Email : pwypcongo@yahoo.fr

Le rapport d’audit des états financiers 2006/2007 de la SNPC reconnait certes des avancées en matière de gestion des comptes de la compagnie nationale

Toutefois, il révèle la non certification des comptes de la SNPC, l’absence de conformité dans la présentation des états financiers, et ne dit rien sur la passation des marchés. Le Cabinet d’audit GKM a émis dans ce rapport une série de réserves fondamentales en matière de comptabilité et finances de la SNPC. Ce qui pose de sérieux doutes sur la fiabilité des états financiers de la SNPC exercice 2006-2007 (2).

Les certifications trimestrielles des revenus pétroliers encaissés par le trésor public affichent toujours des écarts importants sur les droits de la République. Au premier trimestre de 2009, il apparaît qu’une cargaison d’une valeur de 22 milliards FCFA du 16 février 2009 qui devrait appartenir à la République et dont KPMG n’a pas vu de trace, a été curieusement cédé à la SNPC selon les commentaires du Ministre de l’Economie, des Finances et du Budget (3). Cet imbroglio n’est pas de nature à renforcer la transparence. Ces certifications ont toujours mis en lumière les pertes de la République du fait de la commercialisation du pétrole par la SNPC au prix fiscal, un prix largement inférieur au prix du marché. Les modalités de fixation de ce prix fiscal ne sont pas connues si bien que le rapport ITIE 2009 a recommandé la revalorisation des prix s’agissant de la commercialisation du brut congolais.

Un avenant 2 à la convention de commercialisation entre la République du Congo et la SNPC a été conclu et oblige la SNPC à faire des versements sur la base du prix réalisé sur le marché. Cet avenant est une recommandation du plan d’action sur la commercialisation convenu entre le Congo, le FMI et La Banque Mondiale.

Quoique la commercialisation du pétrole ait été un déclencheur majeur pour l’accès au point d’achèvement, le gouvernement n’a pas crée les conditions nécessaires pour la mise en œuvre de ce déclencheur depuis mars 2006. Ce qui expliquerait l’inaccessibilité des comptes de la Cotrade.

C’est à juste titre que « Publiez Ce Que Vous Payez Congo » a salué, la décision gouvernementale courageuse et porteuse d’espoir sur la dissolution de la Cotrade (4).

En août 2006, le Chef de l’Etat, s’exprimant devant le parlement réuni en congrès, avait annoncé l’ouverture d’un compte de stabilisation à la Banque Centrale afin de recueillir les surplus des revenus pétroliers du fait de l’augmentation des prix sur le marché.

A cette occasion, le Chef de l’Etat avait affirmé et rassuré que ce compte ferait l’objet d’un audit annuel par la Cour des Comptes et de Discipline Budgétaire. Dans une note de position du mois d’août 2006 relayée par RFI, les coordinateurs de la Campagne « Publiez Ce Que Vous Payez du Congo » mettaient en doute cette proposition du fait de l’absence d’indépendance de la Cour des Comptes particulièrement et de toute la justice congolaise en général.

Trois ans après cet engagement, « Publiez Ce Que vous Payez Congo » constate avec amertume, qu’aucun audit du compte de stabilisation n’a été réalisé. De même, le montant exact se trouvant dans ce compte n’est pas connu, aucun contrôle parlementaire ne l’a concerné, et aucune information sur sa gestion n’est disponible à l’opinion.

2- De la gestion transparente du service de la dette.

La Lettre du Continent dans sa parution du 19 novembre 2009, rapportait une information du FMI affirmant que le gouvernement congolais aurait payé environ 800 millions de dollars à ses créanciers privés (autrement appelés Fonds Vautours) avec une décote de 65%.(5)

Le FMI précisait que l’accord avec les créanciers « comportait une clause de confidentialité de sorte que ses autres dispositions ne sont pas connues ». Le FMI n’a rien dit par contre sur l’origine des fonds ayant permis d’apurer la dette auprès de ces créanciers privés. « Publiez Ce Que Vous Payez Congo » estime que le FMI se devrait de garantir une gestion transparente de la dette afin que la société civile, les parlementaires et les citoyens soient en mesure de demander des comptes au gouvernement.

Au moment où le Congo accède au point d’achèvement, le FMI n’éclaire pas l’opinion publique congolaise qui ne sait pas si tous les autres contentieux liés à la dette ont été apurés. « Publiez Ce Que Vous Payez Congo » a, par exemple, de sérieux doutes au sujet de la créance due à la société commisimpex de Mr MOSHEN HODJEIJ.

Ce dernier aurait engagé une procédure arbitrale devant la Chambre de Commerce Internationale pour une créance globale de 750 millions d’euros. L’on se souviendra que cette créance a été à l’origine d’un emprunt du gouvernement auprès de la BCCI. La gestion de cet emprunt donnera suite à ce qu’il convient d’appeler le procès LEKOUNDZOU dont les ordonnances de renvoi du procès montrent que Monsieur MOSHEN HOJEIJ avait été payé (6).

Un rapport du Sénat Américain sur la faillite de la BCCI, notamment dans le chapitre sur son intervention au Congo révèle le mécanisme mis en place pour le règlement de cette créance par Elf via une banque suisse. Un système de corruption auquel Monsieur MOSHEN HOJEIJ a participé. (7)

Le FMI et la Banque Mondiale devraient garantir une transparence dans la gestion du point d’achèvement, et veiller à la transparence de nouveaux emprunts que le Congo contracte auprès de la Chine, par exemple, dont les contrats demeurent confidentiels.

3- De la mise en œuvre de l’Initiative de Transparence des Industries Extractives –ITIE.

Ces deux dernières années, la Coalition « Publiez Ce Que Vous payez » a fait de la mise en œuvre de l’ITIE au Congo une priorité, ainsi elle siège au sein des Comités Exécutif et Consultatif en toute indépendance même si elle a du mal à faire triompher ses vues du fait de la majorité mécanique formée entre les opérateurs pétroliers et les représentants du gouvernement. « Publiez Ce Que Vous payez Congo » salue les efforts du gouvernement pour la mise en œuvre de l’ITIE, quoique des défis restent à surmonter pour être admis comme pays conforme à l’initiative.

Le premier rapport de conciliation des volumes et des chiffres pour la période de 2004-2005-2006, réalisé par le Cabinet Ghelber et Gourdon a été rendu disponible en août 2009. Non seulement, ce rapport est rédigé en des termes complexes alors que l’ITIE exige des publications sous une forme compréhensible et accessible pour le grand public ; les tableaux ITIE adoptés par le Comité Exécutif dans le rapport de méthodologie « Rapport particulier relatif à l’établissement des modèles de déclarations et au recueil des données statistiques » ne figurent pas dans le rapport alors qu’ils constituent le cœur de l’exercice de l’ITIE.

Le premier rapport ITIE du Congo mentionne des revenus pétroliers de 7.016 milliards dont les droits de la République sont de 3.383,59 milliards et après divers prélèvements, ils sont certifiés à 2.823,9 milliards pour des encaissements de 2691 milliards soit un écart de 133 milliards que le conciliateur considère comme des écarts temporels, alors que dans le même rapport, le conciliateur s’interroge sur les énormes imputations réalisées sur les droits de la République (8). Le rapport lui même est fait sur la base des certifications réalisées par le cabinet KPMG alors qu’il devrait se faire sur la base des données émanant des reportings indépendants des compagnies. Ces ambiguïtés ne sont pas de nature à rendre ce rapport accessible au grand public.

S’il est vrai que Publiez Ce Que Vous Payez Congo est comptable de la mise en œuvre de cette initiative au Congo, elle se donne la responsabilité d’exprimer et de s’inquiéter de la lenteur avec laquelle le processus est conduit ; ainsi que l’absence d’appropriation de l’initiative par le gouvernement, les compagnies privées et la classe politique congolaise.

Le Comité Exécutif a décidé de se soumettre à l’exercice de validation dont l’échéance est prévue au 9 mars 2010 conformément au délai de deux années accordées au Congo, après son admission comme pays candidat. Au moment où commence cette validation, le rapport ITIE n’est pas toujours disponible au grand public et la dissémination non encore réalisée. Ces activités sont déterminantes pour garantir une appropriation du processus par l’opinion publique.

En fin de compte, « Publiez ce que vous payez au Congo » estime que le point d’achèvement doit aider effectivement le Congo à sortir du contexte de pauvreté. Et la campagne espère que les réformes engagées par le gouvernement s’inscrivent dans la durabilité et la pérennité.

En effet, il convient d’admettre que la démonstration dans la durée de la pratique des réformes entreprises reste encore à prouver. C’est pourquoi la campagne PWYP Congo recommande de :
- Réaliser un Audit annuel du compte de stabilisation et communiquer sur les modalités de sa gestion
- Réaliser un Audit de la dette du Congo, ceci aiderait le gouvernement à prévenir et se prémunir de pratiques à risques et la constitution d’une autre dette odieuse ;
- Renforcer les structures de transparence et de lutte contre la corruption, au travers un renforcement des capacités financière, technique et institutionnel ;
- Mettre un terme au mécanisme du prix fiscal par la SNPC et par les opérateurs pétroliers privées, et créer un mécanisme rigoureux de calcul et d’imputation des coûts pétroliers.
- Interdire à la SNPC de réaliser des dépenses au profit de l’Etat pour le compte de l’Etat.
- Mettre en place un mécanisme de gestion participative des fonds PPTE avec un contrôle parlementaire et citoyen adéquat.

Notes :
(1) Lire communiqué du FMI et de la Banque Mondiale sur le site www.imf.org/external/french/np/sec/pr/2010/pr1020f.htm
(2) Rapport d’audit 2006-2007 de la SNPC réalisé par le cabinet GKM : www.mefb-cg.ne
(3) Certifications premier trimestre 2009, www.mefb-cg.net
(4) Lire La Lettre du Continent n° 579
(5) Lettre du Continent N° 576 du 19 novembre 2009.
(6) Cour d’Appel de Brazzaville, Réquisitoire aux fins de saisine directe de la Cour Criminelle, 11 octobre 1991, Yvonne KIMBEMBE, Procureur Général.
(7) The BCCI Affair a Report to the committee on foreign relations. United States Senate by Senator John KERRY and Senator Hank BROWN. www.fas.org/irp/congress/1992_rpt/bcci/
(8) Rapport de conciliation des volumes et des chiffres Initiative Pour la Transparence dans les Industries Extractives Congo 2004-2005-2006, Ministère des finances, du budget et du portefeuille public.

Brazzaville-Pointe-noire, le 3 février 2009

Patrick Eric Mampouya

Une jeunesse congolaise passive, oisive et sans ambition

février 10th, 2010 Posted in Evènements | No Comments »

La révolte est un sentiment d’indignation et de réprobation face à une situation donnée, la révolte est aussi, dans un sens plus précis, le refus actif d’obéir à une autorité ; Elle correspond donc à une large gamme de comportements : non respect des normes sociales, désobéissance, tentatives d’insurrection, mutineries, rébellions…

La révolte a pour objectif de réduire une inégalité sociale, économique, politique, religieuse, nationale en obtenant de nouveaux droits. Elle se fait dans une perspective réformiste, la révolte a un objectif révolutionnaire et cherche à promouvoir de nouveaux dirigeants, mieux à même de représenter le groupe en révolte.

La révolte de mai 1968 reste le plus important mouvement social de l’Histoire de France. Enclenchée par une révolte de la jeunesse étudiante parisienne, puis gagnant le monde ouvrier et pratiquement toutes les catégories de population sur l’ensemble du territoire, la révolte de mai 68 à été un accélérateur formidable des mœurs, des us et des coutumes en France et même au-delà.

Tout jeune privé de futur ne peut avoir de salut que dans la remise en cause du système établit ; c’est donc la jeunesse qui doit être aux avants postes de toutes les revendications pour mettre à mal « les conservatismes » des ainés (car passer un certain âge tout individu devient plus ou moins conservateur)

En Palestine, dans les territoires occupées ce sont les jeunes qui sont aux avant postes de la lutte ; inlassablement les jeunes palestiniens se révoltent et se battent avec pour seules armes des cailloux contre la puissante armée israélienne : c’est l’intifada ou la guerre des cailloux. Les jeunes palestiniens sont conscient qu’ils ont beaucoup à perdre dans le statut quo et tout a gagner dans le changement…

La jeunesse iranienne, ouverte comme elle le peut sur le monde, riche de sa culture ancestrale se fatigue de voir ses espoirs étouffés par l’obscurantisme. Trente ans après la révolution, la jeunesse iranienne se bat vaillamment pour ses droits fondamentaux.

La révolte des jeunes Grecs et le soutien qu’elle recueille laisse espérer que les mentalités sont profondément en train de changer sur le vieux continent et que le temps des idées et des pratiques nouvelles est enfin arrivé.

Partout dans le monde, les jeunes sont aux avants postes de toutes les luttes car le statu quo n‚est jamais en leur faveur, chaque génération à le droit et le devoir de se trouver des leaders et surtout d’accomplir sa mission disait l’autre…

Quant à la jeunesse Congolaise, gangrenée par l’oisiveté, elle attend on ne sait trop quoi pour se faire une place au soleil. Le traumatisme des guerres récentes et la militarisation excessive du pays par SASSOU NGUESSO n’explique pas la passivité indécente de cette jeunesse réduite à la mendicité ou à la débrouillardise de la plus petite enfance jusqu’à l’âge adulte.

Les raisons de cette passivité sont à rechercher assurément dans l’éducation et aussi dans la résignation des adultes (il n’y a pas meilleure école que l’exemple)

Les pays stagnants sont le produit de peuples stagnants, d’où émergent très logiquement des dirigeants médiocres. Année après année Denis SASSOU NGUEESO à réussit à faire des congolais le peuple le plus médiocre d’Afrique.(un ami ouest africain me demandait récemment comment les congolais peuvent être aussi passif alors que leur pays s’enfonce dans l’abîme)

Au Congo Brazzaville l’école qui devrait éduquer et conscientiser les jeunes pour en faire des citoyens est une machine à fabriquer du rebut social, des « inadaptés » qui attendent leur tour pour être pistonné et se fondre dans les méandres d’un système sclérosé où le mérite et la compétence ne veut plus dire grand-chose.

Les jeunes congolais se réveilleront ils un jour pour revendiquer leurs droits comme les jeunes des autres pays ? A l’heure de la mondialisation on est en droit de se demander si les jeunes congolais ont les mêmes rêves que les jeunes des autres pays ?

La jeunesse congolaise semble ne pas avoir d’ambition si ce n‚est celle de remplacer ceux qui s’empiffrent pour faire exactement comme eux ; dans tout le pays les jeunes, diplômés ou pas se contentent des rapines qu’on veut bien leur laissé ; les bras ballants, toute honte bue les jeunes congolais sont devenus des zombis, des pots de colle que les parents n’arrivent pas à se défaire ; l’âge moyen pour quitter le domicile des parents au Congo Brazzaville est passé à 38 ans.

Au campus de l’université Marien NGOUABI on trouve des jeunes 35 à 45 ans, éternels étudiants qui vivent de la sous location des chambres qu’ils occupent depuis des années avec leurs femmes et leurs enfants sans que les autorités y trouvent quelque chose à redire ; quand à ceux qui ont réussit à quitter le pays, nombre d’entre eux se contentent des miettes que les autochtones veulent bien leur laisser.

Résignée, sclérosée, abrutie par la débrouille, le verbe haut, sans ambition pour eux même, pour la société et pour leur pays par manque de courage, la jeunesse congolaise a confiée son avenir aux églises de réveils qui pullulent au Congo Brazzaville, à paris et dans toute les grandes villes. Chacun sait pourtant que les prières n’ont jamais suffit à réformer un système politique ou a faire une révolution (ne dit on pas aides toi et le ciel t’aidera ?)

Grande gueule, donneurs de leçons et adeptes de l’indignation sans action, les congolais, jeunes ou moins jeunes aiment trouver des boucs émissaires tout comme leurs dirigeants pour se donner le bon rôle et se dédouaner de leurs responsabilités.(c’est toujours la faute des autres…)

Jeunesse Congolaise, ne vous faites aucune illusion, les autres ne vous émanciperont jamais, votre souffrance durera aussi longtemps que durera votre passivité (en ce moment Dieu s’occupe de Haïti ; les Congolais peuvent encore attendre). Le 14 juillet 1789, le peuple de paris affamé et misérable avait pris la Bastille, décapite le roi et instauré la république ; au Congo Brazzaville tout semble se passer comme si le pire n’était pas encore atteint

50 ans après l’indépendance le Congo Brazzaville est devenu un concentré de tous les maux de la planète et de l’humanité. Niveau de vie très faible, manque d’eau potable, corruption, prostitution , difficultés d’accès aux soins, à l’éducation, misère sociale indicible, chaque jour que Dieu fait, le nombre de misérables et de pauvres augmente

Les apprentis sorciers qui adorent les courtes échelles et les esprits simplistes parlent maintenant de l’industrialisation du Congo Brazzaville avec « le chemin d’avenir » ; industrialisation auquel eux-mêmes ne croient pas.

S’il est vrai qu’avant d’acquérir une conscience politique, il faut d‚abord se nourrir, se soigner et surtout s’éduquer, pour la jeunesse congolaise cela ne semble pas suffisant (le Congo Brazzaville est le seul pays en Afrique qui n’a pas de radio libre ou radio d’opposition). Les opposants, les associations, les partis et surtout les jeunes sont suspendus aux miettes de liberté que le pouvoir veut bien leur accorder.

Denis SASSOU NGUESSO est dans son rôle de dictateur de ne jamais céder un pouce de terrain ; tous ceux et toutes celles qui espèrent qu’il pourrait faire un geste de bonne volonté en direction de l’opposition, du peuple ou de la jeunesse peuvent d’ores et déjà commencer à manger leurs chapeaux.

Un dictateur ne cède que si le rapport de force est en sa défaveur et, seul la jeunesse détient cette capacité de pouvoir renverser le rapport de force parce que la jeunesse est inconsciente et qu’elle n’a rien a perdre. Les meilleurs leaders du monde ne peuvent rien s’ils ne sentent pas le souffle de la jeunesse et du peuple leur demander d’avancer encore et encore.

En 25 ans de règne sans partage Denis SASSOU NGUESSO à déjà consommé une génération entière de Congolais ; ces personnes qui ont maintenant 60 ans et plus n‚ont plus rien à attendre car leur vie est derrière eux.

S’ils ne veulent pas être à leur tour des laisser pour compte alors les jeunes congolais devront enfin se prendre en main au lieu de chercher des coupables et des responsables à leur situation, « la valeur d’un individu n’a rien a voir avec son âge » dit-on

Jeunesse Congolaise, les droits fondamentaux ne se quémandent pas, on se bat pour les arracher

Patrick Eric Mampouya

Des responsables irresponsables et indignes qui continuent à régner au Congo

février 9th, 2010 Posted in Evènements | No Comments »

Qui de Isidore MVOUBA ou d’OKOMBI SALISSA avait smatché l’argent donné par le Gabon ?

Le peuple congolais a encore présent en mémoire l’accident ferroviaire qui s’était produit, le 5 septembre 1991, à Mvoungouti, sur le nouveau tronçon du réalignement du C.F.C.O entre un train de la COMILOG (Compagnie minière de l’Ogooué) et le train express du C.F.C.O.. Près de 100 voyageurs y périrent et 300 autres furent blessés.

Les faits

Le 5 septembre 1991, un train de marchandises 442, composé de wagons, propriété du C.F.C.O et tracté par une locomotive C.C. 121, propriété de la Comilog, prenait le départ de Loutété, gare de formation, pour Pointe-Noire, conduit par un conducteur titulaire, M. Jean-Félix MAKOSSO, agent Comilog, et un aide conducteur, M. Pierre NZAOU, agent C.F.C.O. A la gare de Mont-Belo, une relève partielle s’opérait au niveau des conducteurs. M. Jean-Félix MAKOSSO se fait remplacer par M. Jean-Marie KANGUÉ, lui aussi, agent de la Comilog.

En gare de Dolisie, la relève se poursuivait, M. Pierre NZAOU est remplacé par M. Joseph MAKOSSO, agent du C.F.C.O. C‚est ainsi qu‚au départ de Dolisie, ce train 442 sera conduit par l’équipe Jean-Marie KANGUÉ, agent de la Comilog, et Joseph MAKOSSO, agent du C.F.C.O. Après les différents essais de freins et les formalités d’usage, le T442 prenait le départ de Dolisie, à 20h 49, pour Pointe-Noire, sa destination finale. Le train traversait normalement les gares de Ngo Nzoungou, à 21h14 et Ngoungou-Kibangou, à 21h25.

A Mvoungouti, le T442 devait s’arrêter et être reçu sur la voie d’évitement, afin de croiser le train Express T.E1, en provenance de Pointe-Noire, qui devait passer, sans arrêt, sur la voie principale.

Contrairement aux dispositions prises en gare de Mvoungouti, le T442 passait sur la voie d’évitement à toute vitesse, franchissant les carrés fermés d’entrée et de sortie de cette gare et s’engageait, sans clé du bâton pilote, dans le canton Mvoungouti-Nzombo.

Poursuivant ainsi sa course, il entrait en collision avec le train Express qui avait amorcé son entrée en gare de Mvoungouti. Cette collision occasionnait des dégâts humains et matériels très importants dont 100 voyageurs décédés et 300 blessés.

Le Protocole d’accord

Dans la recherche des responsabilités, les compagnies C.F.C.O. et Comilog s’étaient, tour à tour, refusées de s’incliner devant le verdict des tribunaux congolais et français, jusqu’au 19 juillet 2003. Ce jour-là, deux délégations gouvernementales de très haut rang, l’une congolaise et l’autre gabonaise, se réunissaient à Libreville, pour signer un protocole d’accord relatif au règlement définitif du contentieux lié à la cessation des activités de Comilog au Congo. Ce protocole d’accord, largement diffusé dans les journaux congolais, était signé de :
- pour la partie congolaise: le ministre d’Etat, chargé de la coordination de l’action gouvernementale, ministre des Transports et des privatisations, Isidore MVOUBA ; le ministre du Travail, de l’emploi et de la sécurité sociale, André OKOMBI SALISSA ;

- pour la partie gabonaise : le Premier ministre, chef du gouvernement, Jean-François NTOUYOUME ; le ministre d’Etat, ministre des Transports et de l’aviation civile, Paulette MISSAMBO ; le ministre des Mines, de l’énergie, du pétrole et des ressources hydrauliques, Richard ONOUVIET ; le ministre du Travail et de l’emploi, Clotaire Christian IVALA ; l’Administrateur directeur général de la Comilog, Marcel ABEKÉ.

A compter du 10 juin 2005, tout le protocole d‚accord était mis en application. Comilog adressait, à cette date, un chèque d‚un milliard deux cents millions de francs Cfa, au Premier ministre congolais, en application de l’article 2 qui stipule : « La Comilog accepte de payer à la partie congolaise, au titre des droits des travailleurs licenciés, toutes causes de préjudices confondues, le montant d‚un milliard deux cents millions de francs Cfa.

Les modalités de règlement de ce montant seront arrêtées d‚un commun accord entre les deux parties et annexées au présent protocole d‚accord, pour en faire partie intégrante. »

L’arnaque

Eu égard aux liens de fraternité qui unissent les deux peuples, la partie gabonaise s’était très vite exécutée et avait versé cette somme en intégralité, le 10 juin 2005. Cependant, le chèque, arrivé au Congo Brazzaville, s’est volatilisé et les ayants droits des victimes, malgré les nombreuses demandes d’audiences adressées à la primature, n’ont jamais été reçus par le Premier ministre, de surcroît celui à qui le chèque était adressé.

Décidément, je ne comprends pas que les Congolais ne comprennent pas que la plupart des gouvernants qui les dirigent ne soient pas à la hauteur de leurs tâches. Si non, comment comprendre que André OKOMBI SALISSA et Isidore MVOUBA sortent des négociations d‚une grande catastrophe qui a tué plus de 100 Congolais et a fait plus 300 blessés avec la modique somme de 1.200.000.000 F. CFA qui a pris la tangente.

Le peuple veut savoir par où est passé cet argent ? Pire, pourquoi l’indemnisation des ex-agents de la Comilog et Cie se fait toujours attendre ? L’argent a été caché quelque part comme d’habitude ?

Les ministres MVOUBA et OKOMBI peuvent-ils éclairer la lanterne sur cette situation qui n’honore ni le gouvernement congolais moins encore Denis SASSOU NGUESSO qui les avaient envoyé en mission à Libreville ?

Patrick Eric Mampouya

The Man Your Man Could Smell Like

février 9th, 2010 Posted in Billets d'Humeur | No Comments »

We’re not saying this body wash will make your man smell into a romantic millionaire jet fighter pilot, but we are insinuating it.

QUAND LE CINEMA FRANCAIS BLANCHIT ALEXANDRE DUMAS

février 9th, 2010 Posted in Cinéma | No Comments »

On ne peut qu’être admiratif devant le talent de Gérard Depardieu qui a, dans sa longue et riche carrière, incarné, avec une facilité déconcertante, de grands personnages historiques à la perfection : de Danton à Vatel, de Christophe Colomb à Vidocq.

Un côté caméléon et une aisance prodigieuse qui pourraient, à eux seuls, expliquer le choix du réalisateur Safy Nebbou de lui confier le rôle de l’écrivain Alexandre Dumas dans son film « L’Autre Dumas », sorti ces jours-ci. Un choix néanmoins étonnant, au moment où la France se gargarise de diversité et de promotion des minorités visibles.

Que personne n’ait trouvé à redire à ce tour de passe passe est encore plus surprenant. Que n’aurait-on pas dit, à l’inverse, si, pour les besoins d’un film, Denzel Washington avait incarné Jean Moulin, si Pascal Legitimus avait donné son visage à Molière, et si Sonia Rolland s’était prise pour Jeanne D’arc ?

Peu de gens le savent aujourd’hui, mais le célèbre écrivain avait un père métis: Thomas Alexandre Davy-Dumas de la Pailleterie, fils d’une esclave et d’un petit propriétaire de Saint-Domingue. Grâce à son courage au combat, il devint général sous la révolution et fut même considéré un moment comme un rival potentiel du général Bonaparte.

Alexandre Dumas se décrivait, d’ailleurs, lui-même, dans ses « Mémoires », comme un « nègre », avec des « cheveux crépus », et un « accent légèrement créole ». Tout l’inverse, à l’évidence, de… Gérard Depardieu.

En gommant ces traits, le film de Safy Nebbou occulte un aspect essentiel de la vie de l’auteur du Comte de Monte Cristo : le racisme. En 2002, lors du transfert des cendres de Dumas au Panthéon, Jacques Chirac, avait rappelé que ce « fils de mulâtre, sang mêlé de bleu et de noir » avait dû « affronter les regards d’une société française » qui « lui fera grief de tout : son teint bistre, ses cheveux crépus, à quoi trop de caricaturistes de l’époque voudront le réduire ».

Le cinéma a pris, par le passé, la liberté de confier des rôles de Noirs à des acteurs blancs qu’on prenait soin de grimer. « L’Autre Dumas » s’inscrit dans cette veine négationniste qui, quand elle ne blanchit pas, occulte, de la mémoire collective, les grands hommes issus de l’Outre-Mer : le Chevalier de Saint Georges, Gaston Monnerville, Félix Eboué. Sans parler de ces grands oubliés que sont les Tirailleurs Sénégalais qui ont pourtant « sauvé » la France.

En blanchissant Dumas, le film de Safy Nebbou rate une occasion de combler une lacune chez ceux qui le verront et qui ignorent, pour la plupart, que l’auteur des « Trois Mousquetaires » était un « nègre ». Ce « détail » risquait-il de troubler les spectateurs voire d’affecter la commercialisation de l’œuvre quand on sait que, pour le cinéma tricolore, un acteur français, métis ou noir, n’est pas « bankable » ?

Safy Nebbou avait, avec ce film, l’opportunité également de donner un signal fort, à l’heure où ce pays s’embourbe dans un débat sur l’identité nationale, faisant sournoisement la part belle à tout ce qui est « blanc et catholique ». Une insulte à Dumas, dont le génie, tout français qu’il était, plongeait, profondément, ses racines Outre-Mer et en Afrique.

Là, où il repose, et où la couleur de la peau n’a, fort heureusement, plus beaucoup d’importance, Alexandre Dumas ne doit pas pour autant se retourner dans sa tombe. Il en a vu d’autres. Mais, il est regrettable, qu’aujourd’hui, sur cette terre de France, la couleur soit encore un problème au point qu’on préfère la gommer

Emmanuel Goujon et Serge Bilé

Le président de la République française, M. Nicolas Sarkozy, avant de fouler le sol d’Haïti, doit avoir rendu justice au général Alexandre Dumas!

février 7th, 2010 Posted in Billets d'Humeur | No Comments »

Le président de la République française s’apprête à se rendre en Haïti, à la suite du cataclysme qui a frappé ce pays, faisant plus de deux cent mille morts. C’est la première fois qu’un chef d’État entreprendra une telle visite qui est lourde de sens quand on sait le rôle peu glorieux que la France a joué dans cette île depuis le traité de Ryswick en 1697. La France a martyrisé HaÏti pendant quatre siècles. La compassion un peu forcée affichée aujourd’hui ne saurait le faire oublier.

1. La traite, tout d’abord.

Un million d’hommes, de femmes et d’enfants, ont été déportés d’Afrique en Haïti par la France, entre 1697 et 1791, laissant au cours des opérations de traite cinq millions de victimes en Afrique.

2. L’esclavage ensuite.

Ces déportés ont été exploités en Haïti dans des conditions qui furent les plus dures de toute l’histoire de l’esclavage aux Amériques. L’espérance de vie d’un esclave déporté par la France en Haïti n’était que de quelques années. Heureusement les esclaves se révoltèrent et devinrent citoyens français en 1794. Avant l’abolition, ils faisaient vivre un Français sur huit et assuraient l’équilibre du commerce extérieur de ce pays. Les richesses procurées aux Français par le travail criminellement infligé aux esclaves se chiffrerait en dizaines de milliards d’euros. Ce préjudice n’a jamais été réparé, ni seulement regretté.

3. Les crimes contre l’humanité de 1802-1803.

En 1802 et 1803. La France, bafouant les acquis de la Révolution, a tenté de rétablir l’esclavage en Haïti. Devant l’impossibilité de ce rétablissement, un génocide a été tenté avec des moyens qui rappellent parfois les heures les plus sombres du XXe siècle. La guerre civile et les exactions commises par la France pendant la période 1802-1803 ont causé autant de victimes parmi les Haïtiens que le tremblement de terre de 2010.

4. L’extorsion frauduleuse d’une indemnité aux Haïtiens en 1825.

Sous la menace d’une reconquête, la France a exigé d’Haïti, le pays qui l’avait vaincue, le paiement d’une ignoble indemnité de 150 millions de francs or, ultérieurement réduite à 90 millions. C’était le prix des esclaves perdus. Au lieu de les indemniser pour le mal qu’on leur avait fait, on leur a fait payer, à eux et à leurs descendants, le prix d’une liberté qui n’a jamais appartenu à la France. Au paiement du principal, est venu s’ajouter le paiement de nombreux emprunts consentis par des banques françaises. Malgré l’établissement de la République et la proscription générale de l’esclavage, les Haïtiens ont continué à payer aux Français leur dette jusqu’au beau milieu du XXe siècle. En 2004, le gouvernement haïtien estimait le préjudice à 21 milliards de dollars.

5. L’hébergement du dictateur Duvalier.

La France héberge depuis 1984 le dictateur Jean-Claude Duvalier, alias baby Doc, accusé de violation des droits de l’homme et de vol de sommes appartenant aux Haïtiens. Le statut dont il bénéficie a été refusé à des centaines de milliers d’Haïtiens, expulsés du territoire français.

6. La participation au coup d’État du 29 février 2004.

La France, au mépris de la constitution haïtienne et des élections régulières qui s’étaient déroulées, a participé, d’une manière aujourd’hui indiscutable, à un coup d’État contre le président Jean-Bertrand Aristide, qui était le premier président légitimement élu de l’histoire d’Haïti. Elle a également participé à son enlèvement et à sa séquestration dans un pays qui était notoirement, à l’époque, sous le contrôle de la France, la république centrafricaine. Elle a en outre organisé une campagne de diffamation à son encontre, notamment par le biais du ministère des Affaires étrangères.

7. La réglementation particulière imposé aux Haïtiens à l’entrée des départements d’outre-mer français.

Alors que la France se gargarise de grands principes et de « continuité territoriale », le visa d’entrée en France pour un Haïtien n’est valable ni en Guadeloupe ni en Martinique, ni en Guyane. Un second visa doit être accordé par le préfet de ces départements, qui agit dès lors comme pouvait agir le gouverneur d’une colonie au temps de l’esclavage. Ces mesures résultent de la hantise de la France esclavagiste de voir ses colonies contaminées par le virus de la liberté dont le germe s’était développé en Haïti.

8. La symbolique vexatoire.

La France a donné à l’aéroport de Cayenne en Guyane le nom de Rochambeau, le général qui tenta d’exterminer les Haïtiens en les gazant au souffre et en les livrant ç des chiens dressés à dévorer les «nègres».

9. La volonté constante d’empêcher Haïti de se développer.

La politique de la France à l’égard d’Haïti depuis 1802 est de s’en servir comme d’un épouvantail pour les Français d’outre mer qui songeraient à l’indépendance. De ce fait, la prétendue « coopération » n’a toujours été qu’un mélange de saupoudrages, de mesures factices, et d’actions de déstabilisation. On notera que les Français descendants d’esclaves sont systématiquement écartés depuis 1802 de toutes responsabilités liées à la politique française à l’égard d’Haïti.

Même si la France n’est pas le seul pays à avoir martyrisé Haïti et à se comporter avec une telle violence, ces faits constituent un lourd passif et donnent à la visite du président de la République française un caractère éminemment historique et solennel qui n’échappera à aucun observateur, en France, comme à l’étranger.

Il appartient aujourd’hui à la France de changer de cap et de rompre avec quatre siècles d’agissements honteux.

Sans attendre qu’Haïti soit frappée par une catastrophe qui n’est qu’un malheur naturel venant s’ajouter à la cruauté des nations réputées civilisées, l’association des amis du général Dumas a présenté au président de la République française une demande symbolique.

Le général d’armée haïtien-français Alexandre Dumas, père du célèbre écrivain, fut la victime collatérale de la politique menée par la France contre Haïti. Né esclave, donc victime de ce qui est aujourd’hui reconnu comme un crime contre l’humanité, il fut en 1802 également victime d’un fléau qui continue de ravager la France non seulement dans sa relation avec certains pays tels qu’Haïti, mais aussi dans la relation de ses gouvernements avec certains Français, descendants d’esclaves ou d’indigènes. Ce fléau a pour nom le racisme. Le général Alexandre Dumas est le plus grand héros de la Révolution française. Mais sa couleur de peau l’a privé de tous honneurs auxquels sa bravoure et son dévouement à la nation lui donnaient droit. Il est le seul général de l’histoire de France depuis 1802 auquel on ait refusé la Légion d’honneur. Bien plus, le gouvernement français, pour une raison qui ne peut s’expliquer autrement que par le racisme, est allé jusqu’à refuser, en 2006, d’inscrire le bicentenaire de sa mort sur la liste des commémorations nationales officielles.

Le général Dumas avait reçu un sabre d’honneur lors de la prise d’Alexandrie en juillet 1798. La remise de ce sabre est attestée, de manière incontestable, par un document autographe, tracé de la main du général Dumas et conservé au musée Dumas de Villers-Cotterêts. La remise de ce sabre d’honneur par Bonaparte faisait du général Dumas un membre de droit de l’ordre de la Légion d’Honneur. Un second document, daté de 1804, et signé de la main du maréchal Murat, également conservé au musée de Villers-Cotterêts, établit que le général Dumas a accompli la démarche pour que ce droit lui soit au moins reconnu. Même le maréchal Murat, beau-frère de Napoléon, dès 1804, soutenait publiquement le général Dumas, dans cette démarche légitime.

Pourtant une certaine France, depuis 1802, refuse, par racisme, d’accorder au général Dumas ce qu’il demandait. C’est la même France qui, par racisme, s’attache aujourd’hui à salir la mémoire de son fils, en lui contestant jusqu’à sa qualité d’auteur, en lui contestant jusqu’à la couleur de sa peau.

L’admission à titre posthume du général Dumas dans l’ordre national de la Légion d’honneur a été refusée par Jacques Chirac en 2002. C’est le même Jacques Chirac qui, assisté de Dominique de Villepin, a refusé que le bicentenaire du général Dumas soit commémoré en 2006. Ces deux hommes, il est vrai, venaient de soutenir un coup d’État en Haïti.

L’association des amis du général Dumas a réintroduit la demande d’admission de cet officier dans l’ordre national de la Légion d’honneur auprès du nouveau président, M. Nicolas Sarkozy, appuyée par une pétition signée par plus de 2000 personnes de par le monde, dont de très nombreux Haïtiens. Pour l’instant, il n’a pas été donné satisfaction à cette demande, sans qu’elle soit pour autant rejetée. Rien n’indique que jusqu’à présent ce dossier ait été prioritaire pour M. Nicolas Sarkozy. Mais le voyage qu’il a décidé change la donne.

Le fait, en effet, pour le président de la République, de se rendre en Haïti, sans se prononcer au préalable, de manière claire et solennelle sur cette demande, qui se trouve du reste soutenue par M. René Préval, actuel président de la République d’Haïti, serait le signe que l’attitude du président Sarkozy envers Haïti reste dans la continuité des exactions négrophobes plus haut évoquées. Il appartiendrait, dans ce cas, à tous les Haïtiens et aux Français de métropole et d’outre-mer victimes de discriminations d’en prendre immédiatement acte. Car que pourrait-on espérer d’un président de la République qui promettrait la justice pour les Français d’aujourd’hui et se refuserait, quelles que soient les raisons invoquées, à réparer, sans que cela coûte un centime à la République, une injustice vieille de plus de deux cents ans ? Un président de la République qui promettrait de promouvoir la « diversité», mais qui refuserait d’honorer le plus illustre des héros de cette « diversité ». Un président de la République, en outre, qui ne tiendrait pas sa parole, puisqu’il s’est engagé dès le 8 février 2008, les yeux dans les yeux, à « faire le nécessaire pour le général Dumas »?

C’est pourquoi l’association des amis du général Dumas vous demande aujourd’hui de soutenir publiquement cette démarche symbolique et légitime, non seulement vis-à-vis d’Haïti, mais de tous les Français discriminés, en signant la pétition pour que le général Dumas soit rétabli dans ses prérogatives et en intervenant dans ce sens auprès du Président de la République française avant qu’il ne se rende en HaÏti le 17 février 2010.

Claude Ribbe,

écrivain,

président des Amis du général Dumas

Signature de la pétition :

http://www.claude-ribbe.com/index.php?option=com_petitions&view=petition&id=47&Itemid=74

Cataplasme de Max Rippon

février 7th, 2010 Posted in A lire ou à relire… | No Comments »

Un poème pour Haïti de Max Rippon depuis la Guadeloupe

Les hasards d’un commerce cupide
Nous a fait germer sur des rives distantes
Nous, long lasso d’îles chevauchant les failles profondes
Tétons hérissés dans les turquoises caraïbes
Te voilà Haïti Toma
Sœur blessée
Terre lardée
Linceul césarisé à vif
Si je devais parler de toi encore
Jumelle aride tant de fois éprouvée
J’épouserais le plus infime battement de ton cœur
Pour essorer tes plaintes résignées
Avec mon drap trop vieux, de hardes remisées
Les hasards de ce commerce cupide et honteux
A fait partition de terres soumises
Et ton sol tant de fois mis à rude partie
De sang asséché depuis si longtemps
S’est laissé briser en une seule semonce à sept degrés décomptés
Si je devais alors
Dire ma part de souffrances
Quand tes tripes le soir
S’étalent à même les flancs des coulées cathodiques
Je me ferais fils de Toma chérie
Délitant mes douleurs dans les rizières silencieuses de l’Artibonite inconsolée
Je me ferais messager vagabond des guerriers aphones
Pour chambouler la sieste des puissants
Je me voudrais buvard multiple, docile et poreux
Pour éponger tes larmes
Pour partager tes doutes et lever tes inquiétudes
J’interrogerais les lendemains lointains plongés dans la gorge des horizons
Pour donner à tes jours le meilleur du brillant des soleils
Je fermerais les yeux aux assauts des midis grondants
Pour t’inventer des aubes qui esquivent l’engourdissement du dernier angélus

Une parole pour Haïti. Janvier 2010
Max Rippon

Nous ne sommes pas à notre première fin du monde en Haïti

février 7th, 2010 Posted in A lire ou à relire… | No Comments »

Ici la mort saccage abondamment. Nous pleurons nos morts sans plus disposer d’une seule goutte de larme dans le corps. Plus de dix jours après le drame, les rues sont dégagées de leurs montagnes de cadavres. Les familles qui ont découvert leurs morts les enterrent sans perdre de temps dans leur cour, question d’éviter la fosse commune. Ces morts-là, ne sont pas encore déclarés. De toutes les victimes de cette fin du monde sur mesure, en saura-t-on jamais le nombre un jour ?

Les rues sont déblayées, mais les ruines mangent tout l’espace, faudrait attendre encore des semaines, voire plusieurs mois pour débarrasser la cité de tous ces bâtiments brisés, de toutes ces vies cassées en bloc sous les décombres.

Ces derniers jours à Port-au-Prince, après le séisme assassin-démolisseur de magnitude 7, les habitants se réveillent, pour ceux qui arrivent à dormir, avec le saisissement d’être authentiquement vivants. Les questions d’urgence qui se posent lors des retrouvailles… Est-ce qu’un tel ou une telle a survécu ou pas ? Si la personne a survécu, ça provoque un soulagement, sinon on accepte sans mot dire.

Plus de dix jours après, et je suis sûr que ça va me coûter la vie entière, cette tristesse insoutenable, cette perte capitale que celle d’une ville, avec ses palais et ses élus. Ses églises et ses dieux. Tous les lieux symboliques ont coulé bas (bibliothèques, musées, écoles publiques et privées) Que reste-t-il quand tout s’effondre ? Une foule éperdue qui ne sait plus sur quel pied danser. Des artistes peut-être. Des citadelles de douleur sûrement. Des rêves de tombeaux munis de masques à oxygène pour accueillir nos morts dans une éternité plus respirable.

Hier mes frères sont venus me rendre visite, m’apportant des provisions de nourritures en provenance de Hinche, où toute ma famille s’est entassée dans la maison maternelle. Il parait que cette ville n’a pas du tout été touchée, pas un seul mort, pas un blessé. Donc ma sœur sinistrée du côté de Canapé-vert à Port-au-Prince, a pris ses jambes à son cou avec son mari et ses quatre enfants pour se réfugier avec les autres membres de la famille sous le toit maternel. Un rêve que ma mère chérissait depuis toujours, celui de rassembler en même temps ses enfants et ses petits enfants. Elle envoie mes frères comme messagers pour me convaincre de retourner sans délai avec ma compagne et ma petite fille. Les sismographes prétendent que cette ville, par sa position géographique, serait toujours épargnée au cas d’un éventuel séisme. Mes frères se lamentent, on n’a toujours pas de nouvelle de Blanc, notre cousin. Ce dernier, je présume, doit être porté disparu, j’en connais beaucoup de cet ordre-là, dont jamais on ne saura comment faire le deuil. C’est le cas de l’amoureux de Sergine, Gérard Le Chevallier, un magnifique salvadorien passionné d’Haïti. Il venait d’inscrire sur sa peau un tatouage de la terrible déesse Erzulie Dantor. Les secouristes n’ont pas encore repéré Le Chevallier qui était l’une des éminences grises de la mission onusienne perdue sous les décombres de L’hôtel Christopher. Mes frères ajoutent d’autres noms propres dans mon carnet de nécrologie intime : Samanta, Liline, ainsi que l’épouse toute neuve du fils ainé de mon parrain.

Je n’arrive pas à me consoler pour l’ami Axel, ce père de famille quadragénaire qui remuait ciel et terre pour élever dans la dignité ces trois enfants, tous péris sous les décombres de sa maison à la rue Chrétien. Comment dormir sinistré avec autant de morts issus d’une même famille ?

Je pense à mon ami, l’écrivain Georges Anglade, tué avec sa femme Mireille par le séisme. La veille, il m’avait adressé un beau courrier rayonnant de mille feux, pour saluer en même temps mon retour en Haïti et la naissance de ma fille. On se promettait de trinquer nos verres à la soirée d’ouverture du festival Étonnant voyageur qui devait débuter le lendemain, mais la fête des voyageurs étonnés n’aura pas lieu en ce maudit soir du douze janvier, car Port-au-Prince était déjà une ville au soir de sa vie. Définitivement trop triste la date du douze janvier. Douze comme si toutes les heures pleuraient en même temps la perte sèche de toutes ces vies.

Que dire de la ville de Léogane ? De la ville de Jacmel ? Détruites comme des châteaux de cartes. Quelqu’un nous a appelé le lendemain pour nous apprendre que la mer de Jacmel était partie. Il y voyait des poissons morts plongés dans un fond sec. Nous craignions tous un retour en force de cette mer, le risque du tsunami, mais ce phénomène redoutable a dû se rendre compte qu’il était déjà passé par là et a laissé tomber le projet de revenir avec bruits et fureurs.

L’après tremblement de terre est une réalité, une expérience hors norme à laquelle les Haïtiens doivent faire face avec beaucoup de fiel, pour se remettre debout, beaucoup de transcendance et de force intérieure pour se remettre et réapprendre à marcher. Je pense comme à un film d’horreur aux 200 000 blessés dont, pour la plupart, les médecins ont dû, pour faire court, enlever un bras, ou amputer une jambe. Serait-il trop tôt pour s’apitoyer devant le sombre tableau de tout un peuple d’éclopés, de veuves et d’orphelins, sans compter le lot des détraqués. Pensons à la profondeur du trauma et à toutes les folies inédites que nos pauvres têtes vont devoir encaisser.

Nous ne sommes pas à notre première fin du monde en Haïti

L’année 2004 c’était hier, date marquant le bicentenaire de la république d’Haïti, mais la fête n’a pas eu lieu. Allez savoir pourquoi ? Une bonne occasion pour réveiller les fantômes parlants et pour ouvrir la boîte de pandore. Une bonne occasion aussi pour la presse occidentale d’en finir avec les clichés, de cesser d’être des ruminants d’un bricolage d’histoire, monté de toutes pièces, raconté pour elle et par elle-même. Lors de cette fameuse année 2004, le monde a retenu de nous l’image négative d’un peuple de barbares s’entre-déchirant deux cents ans après une révolution. Lors de cette même année, une tempête surnommée Jeanne la tueuse a fait plus de trois mille morts dans la cité des Gônaives. Le monde entier a dû retourner les projecteurs sur le pays. Des centaines de millions de dollars ont été promis. Des dizaines de millions ont été volatilisés avant même d’arriver dans la ville inondée. La presse internationale avait une folle compassion pour nous, mais le coup de théâtre s’est produit avec le Tsunami qui nous a volé le rôle de triste vedette sur la scène internationale.

Et Haïti s’est remis de plus belle à hurler sans témoins, à pleurer dans la solitude.

C’était hier encore, en 2008, on s’en souvient, quatre tempêtes, phénomènes rares dans la littérature météorologique haïtienne, ont frappé coup sur coup le pays. Les journalistes de l’univers s’excitaient pour nous une fois de plus, mais la crise économique mondiale nous a pris par-derrière.

Dans cet univers en banqueroute, il était devenu presque impudique de crier au-secours.

Maintenant voici qu’arrive un séisme de magnitude 7.3, ce qui ne rentre pas du tout dans les habitudes du sol haïtien. Ce tremblement de notre tiers d’île qui a provoqué un tressaillement mondial est un test brutal pour nous les Haïtiens et un grand cri d’alerte pour le monde. Au plus fort de ces manifestations de solidarité planétaire, Haïti serait-elle encore blackboulée par une autre catastrophe qui pourrait survenir dans n’importe quel coin du globe, replaçant le pays derrières ses barreaux familiers et l’oubli coutumier ?

Port-au-Prince
30 janvier 2010

Poète, né à Hinche (Haïti) en 1978, James Noël est considéré aujourd’hui comme une voix majeure de la littérature haïtienne. Ses poèmes sont dits et mis en musique par des interprètes de renom tels Wooly Saint-Louis Jean, Pierre Brisson et tant d’autres. 
Entre un hymne engagé à l’amour et une colère orageuse, se dégage de sa poésie, comme il se plaît à l’appeler, la «métaphore assassine».

Un vent salé nous vient du large avec la poésie de James Noël. Poésie toujours à double tranchant, sensuelle et tendre, violente et douce, âpre et sensible, poésie généreuse, soucieuse d’avancer, de partager le lot commun avec ses frères de peine, d’étarquer cette voile déchirée, celle de l’espoir d’un monde meilleur, sans cesse à construire et dont les mots du poète sont souvent les premières pierres.
Jacques Taurand

Appel de détresse de Jean-Claude Fignolé

février 7th, 2010 Posted in Evènements | No Comments »

C’est un appel de détresse que je lance. Ma commune s’impose d’accueillir près de 8 000 rescapés du séisme dont certains ne sont pas originaires de la région. Vendredi, pour l’ensemble du département, les services de la protection civile en avaient déjà enregistré 80 750. Plusieurs orphelins, égarés, hébétés, venus d’un ailleurs dont ils ne se rappellent pas le nom hantent les campagnes. Il a fallu les prendre en charge, sans assistance sinon grâce a la générosité de quelques amis haitiens, antillais, français, belges et la générosité de quelques familles paysannes auxquelles la mairie a donné par enfant une ration d’un demi kilo de riz et une boite de lait. Geste dérisoire qui ne suffit pas a pallier un certain inconfort … moral ni à me donner bonne conscience comme représentant d’une … autorité pratiquement faillie. J’ai découvert dans le yeux hagards de ces enfants affamés, qui avaient attendu sur les quais de Port-au-Prince plus de huit jours avant d’être évacués vers leurs lieux présumés d’origine ce que peut être l’indignité d’un pouvoir central qui de plus en plus s’absente de ses territoires de responsabilité.

Je m’attendais à des difficultés d’approvisionnement à court terme. Force est de constater que la précarité s’installe en termes d’immédiateté. Au marché du lundi, les produits vivriers ont disparu des étales aux premières heures. Un effet de rareté ? Face à l’abondance des récoltes, la mairie avait envisagé l’épuisement des réserves à fin février. Une erreur d’appréciation du volume des arrivants. À voir le flux, une espèce de conglomérat humain, on ne peut plus parler de nombre mais de volume. Et de la pression, de la menace que cela représente. Les produits de première nécessité manquent déjà. Notamment le sucre. Hier soir une âme généreuse m’a offert une tasse de thé « braque » avec du jus de canne à sucre. On se console du goût âcre en prétextant que le jus de canne est un … fortifiant.

À la précarité s’ajoute l’angoisse. Le pouvoir central est désespérément indifférent à la misère physique et morale de cette population qui, revenue en ses lieux d’ancrage, s’en trouve pourtant déracinée. La terre continue de trembler sous ses pieds et plus que jamais lui donne le sentiment de sa vulnérabilité. De sa fragilité. Perdue, seule, abandonnée. Elle n’a plus de repère sinon les édiles à qui elle demande de faire un miracle : la prendre en charge. Avec quoi ? Le gouvernement n’assiste pas. L’aide internationale,on en parle mais personne ici ne sait ce que c’est. Une seule question sur toutes les lèvres. Survivra-t-on ?

Jean-Claude Fignolé, maire de la commune des Abricots