Pour 2012, Cohn-Bendit prône un « donnant-donnant » avec le PS

janvier 28th, 2010 Posted in Billets d'Humeur

Il a été désigné « personnalité politique de l’année 2009″ dans le palmarès annuel du Trombinoscope, comme son « amie » Cécile Duflot, choisie « révélation politique », ou son nouveau « copain » Stéphane Gatignon, « élu local de l’année ». Cela suffit à réjouir Daniel Cohn-Bendit, persuadé que l’heure de l’écologie est venue. Le député européen, très en forme et en verve, épaule ses amis, raconte-t-il, ce mercredi 27 janvier, lors d’une rencontre avec l’Association des journalistes parlementaires.

Qu’on ne vienne pas lui dire qu’il devrait être déçu des derniers sondages donnant les listes d’Europe écologie en baisse ! « Quand on voit dans les sondages, même les plus faibles, une stabilisation à 13-14 %, c’est extraordinaire », assène-t-il.

Pour lui, si les écolos font 15 % à 17%, « c’est inespéré ». Il n’a jamais manqué de critiquer ses petits camarades – Jean-Vincent Placé, bras droit de Cécile Duflot, en tête — qui, depuis la mi-décembre, fanfaronnent qu’ils peuvent battre le PS, notamment en Ile-de-France. « C’est une erreur parce que c’est plus qu’improbable. Le socle électoral du PS est beaucoup plus important que le nôtre », assure-t-il.

RÉÉQUILIBRER LA GAUCHE

Sa retenue inhabituelle n’est pas feinte. Son expérience allemande lui a appris qu’une majorité d’opinion ne se gagne pas en quelques mois. Alors, en vieux sage qui ne participera plus à une bagarre politique en France — « Je ne serai pas candidat à l’élection présidentielle française parce que je n’en ai pas envie », martèle-t-il –, il délivre ses conseils pour les régionales.

« DCB » sait que se démarquer des bilans des socialistes n’est pas facile quand on a participé durant six ans aux mêmes majorités. « Cela nécessite de l’intelligence politique », admet-il. Il faut faire campagne non pas contre la gestion socialiste mais « sur notre spécificité ». Ou montrer quelle sera l’originalité d’une « transformation écolo des régions ». « Quand on gérera », insiste l’eurodéputé.

Son objectif de rééquilibrer la gauche n’a pas changé. Mais désormais « Dany » affiche son deal : en échange d’un soutien à un ou une candidate socialiste pour la présidentielle de 2012, il réclame une cinquantaine de circonscriptions réservées pour les écolos. Pas moins au vu du rapport de forces.

Il sait qu’il n’est pas forcément suivi par les Verts sur ce terrain. Mais interroge faussement naïf : « Vaut-il mieux avoir un candidat qui fait 5 % ou faire entrer 40 à 50 députés à l’Assemblée? ».

Le parti de Mme Duflot manque encore de crédit politique à ses yeux. « Pour l’instant, je ne vois pas de candidat qui dépasse de loin notre espace politique », tacle-t-il tout sourire. La jeune tête de liste francilienne, qui tait toute prétention en ce sens mais laisse dire ses proches, appréciera…

En attendant, c’est encore vers le PS que M. Cohn-Bendit se tourne : «Si on fait entre 13 % et 15 %, le PS sera bien obligé de se demander comment il fait pour gagner 2012». De François Bayrou, il est dorénavant moins question.

Sylvia Zappi

socialistes

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