Le M 22 : L’assassinat de Ange DIAWARA
juillet 5th, 2010 Posted in A lire ou à relire…, EvènementsLa tombe d’Ange DIAWARA et ses compagnons du M 22, menacé par l’érosion.
Réhabilités à la faveur de la Conférence nationale souveraine de juin 1991, les anciens compagnons du M 22 tués en plein maquis, dans la forêt de Mayitoukou, dans les parages de Goma Tsé-tsé (département du Pool), à cause de l’intolérance politique, à savoir : Ange DIAWARA, Jean-Baptiste IKOKO et consorts, avaient eu droit à une tombe commune.
C’était pour la première fois, depuis 1973, date de leur assassinat comme des bêtes de somme, que leur pierre tombale avait été construite. C’était l’œuvre des proches et d’anciens maquisards.
Ils sont, pour mémoire plus d’une dizaine, trente deux (32) exactement , Ange DIAWARA et ses compagnons – à reposer dans cette fosse commune, au cimetière public de La Tsiémé, à Brazzaville.
Comme l’ensemble du cimetière est fermé et abandonné, leur tombe est l’objet d’un incivisme invétéré qui, sans conteste, doit, présentement, troubler leur repos. Des jeunes couples viennent s’asseoir sur cette tombe, quand ce ne sont pas des adeptes du cannabis. Des carreaux s’enlèvent et l’érosion avance vers ce monument à pas de géant.
Un mur d’enceinte mettrait certainement cette tombe et les autres à l’abri d’une destruction annoncée. A défaut, il faudrait, peut-être, envisager le transfert de ces restes mortels vers une autre sépulture.
Transmettez ce message à Mme Yvonne Adélaïde MOUGANY ex Mme Adelaïde MOUNDELE NGOLO ex Mme Ange DIAWARA ministre des petites et moyennes entreprise du gouvernement de SASSOU NGUESSO; surtout qu’elle n’oublie pas d’où elle vient et ce qui lui a valu son poste
Suite à des négociations menées par des membres d’une organisation politique française, Ange DIAWARA et ses compagnons sont sortis de la forêt pour Kinshasa. Après des jours à la cité de l’OUA en attendant leur transfert pour un pays européen où l’exil devait leur être accordé.
Mais au jour dit du voyage, tous avaient été embarqués dans un bus pour l’aéroport. Au lieu de l’aéroport de Djili à Kinshasa, ils avaient été conduits au débarcadère de Kinkolé. Ligotés, ils avaient été embarqués dans un bateau vers 23 heures à destination de Brazzaville.
Réceptionnés par le commandant SASSOU NGUESSO, ONDZIEL BANGUI et de nombreux soldats, ils seront conduits dans une maison où ils devaient subir leur premier interrogatoire sommaire du reste car pour SASSOU NGUESSO, ONDZIEL MOUASSIPOSSO et autres, il n’était pas question de les laisser en vie ou de les faire comparaître devant une cour d’exception comme souhaitait Marien NGOUABI.
Minorisés dans cette affaire, Marien NGOUABI et les autres vont s’incliner car déjà, à cette époque, le fameux serment était entré en vigueur. « Si tu avances on te suit, si tu t’arrêtes on te pointe et si tu recule on t’abas ».
Marien NGOUABI était obligé de s’incliner la douleur au cœur. De la caserne militaire, Ange DIAWARA et ses compagnons ont été chargés dans des véhicules militaires que SASSOU NGUESSO accompagnera personnellement jusqu‚à une certaine distance avant de confier la suite à MOUASSIPOSSO, ONDZIEL et des officiers de confiance.
C’est dans les environs de Brazzaville que l’assassinat aura lieu et non à Mahitoukou. Avant de commencer le massacre, le lieutenant IKOKO et d’autres officiers et militaires d’un certain axe du pays seront invités à fuir. Mais IKOKO déclinera cette offre et ainsi il sera assassiné sur instruction de MOUASSIPOSSO alors que les directives imposaient son retrait.
Vers 5 heures du matin, l’heure à laquelle commençaient les émissions de radio Congo, celles -ci démarraient par la musique militaire. Pour le climat de l’époque, cela était annonciateur d’un grand événement généralement funeste. Il sera donc annoncé dans les langues de la radio le gros mensonge. Selon des animateurs, Ange DIAWARA et ses compagnons étaient tombés dans un traquenard tendu par les vaillants combattants de l’Armée populaire nationale. Ils avaient tous été abattus lors de leur fuite.
Ensuite pour faire vrai, toute la direction politique se transportera au stade de la révolution pour la présentation des corps des maquisards. Curieusement, le peuple se trouvait face à des maquisards propres bien coiffés et bien habillés. Pour des gens qui étaient restés en brousse près d‚un an cela paraissait bien curieux.
Mais la mort ignoble qui leur avait été infligée ne suffisait pas. Pour ceux dont la lâcheté était égale à leur cruauté, il fallait devant le public choqué, humilier ces corps en les mutilants sauvagement devant le peuple et la communauté internationale. Ceci se passait en 1973.
Tel MACHIAVEL, SASSOU NGUESSO à toujours chercher à humilier les personnes qui lui résistent ; la victoire seule n’est jamais suffisante pour lui ; c’était le cas récemment avec Bernard KOLELAS, c’est toujours le cas YOMBI OPANGO et c‚est ce qu’il a entreprit de faire avec le Président Pascal LISSOUBA en commençant par soudoyer sa femme.
Mais cette pratique étant encrée dans leur être, les auteurs de ces pratiques toute leur vie récidiveront. Car des années après, ils se livreront au même carnage et même scenario dans la population après l’assassinat par eux du président Marien NGOUABI.
Pour décorer leur table de banquet sanguin, les corps du Cardinal Emile BIAYENDA et celui de l’ancien président Alphonse MASSAMBA-DÉBAT orneront leur table de banquet avec les nombreux corps des innocents civils et militaire.
Voilà et soit dit en passant l’origine de la promotion et de la richesse d’un certain INGOBO Bonaventure l’homme fort du régime. C’est aussi pour cette raison que MOUASSIPOSSO compte parmi les hommes les mieux entretenus de la république bananière de SASSOU NGUESSO.
Toujours dans cette foulée, alors que le capitaine Pierre ANGA s’était retiré d »Owando pour éviter des pertes en vies humaines, une expédition militaire sera constituée spécialement pour rechercher un individu qui ne faisait que se cacher. Il n’avait attaqué personne et n’en voulait à personne.
Le contingent composé en majorité des mercenaires recrutés hors frontière. Officiellement commandé par un certain Commandant KONTA engagera une chasse à l’homme au cours de laquelle des centaines de citoyens originaires des villages du district de Owando perdront la vie.
Leurs corps abandonnés dans les forets ne seront jamais ensevelis. La cupidité et la peur aidant, les parents des ces victimes innocentes gardent le silence. Certains autres se disant cadres de Owando se la coulent douce avec le bourreau de leurs parents. Après tout, le pouvoir est à nous.
Le corps du capitaine Pierre ANGA criblé de balles sera présenté ou plutôt exhibé comme un trophée pour assouvir le besoin d’humilier de SASSOU NGUESSO. Cette image n’a jamais choqué le général YOMBI OPANGO en qui Pierre ANGA croyait et avait une totale confiance.
Nous revivrons avec la guerre pour la reprise du pouvoir les mêmes atrocités. Un an après, des originaires des régions sud du Congo subiront les cruautés des citoyens et citoyennes de Owando.
Dans les quartiers et dans les savanes, des congolais mourront par le fait du même homme : SASSOU NGUESSO.
Le matériel le plus meurtrier d‚une armée nationale, manipulé par ceux qui se disent officiers et soldats prétendument protecteurs du peuple vont tirer sur des populations en fuite. Une véritable hécatombe dans les régions que s‚efforce de faire oublier celui dont la biographie compte plus de cadavres que de Pierre SAVORGNAN DE BRAZZA et ses sbires.
Enfin pour terminer avec ces crimes abominables, notre SASSOU NGUESSO national va tuer de sang froid des centaines de citoyens en majorité des jeunes au Beach de Brazzaville pour le motif qu’ils n’étaient pas originaires de la même région que lui. Alors que ces jeunes regagnaient le pays sur son appel.
Plus personne ne devra croire à un tel père de la nation. Lorsque nous avons à parler des faits aussi graves, il faut dire la vérité pour qu’elle survive au mensonge. Pour que ceux qui ne savent pas comprennent et aussi pour que les bourreaux dont certains fréquentent les loges maçonniques et le Vatican fassent repentance.
C’est MOBUTU qui avait livré Ange DIAWARA et ses compagnons après un deal avec le pouvoir de Brazzaville. SASSOU NGUESSO dans la même période avait livré des officiers prétendument dissidents au pouvoir zaïrois. Ange DIAWARA et ses compagnons n‚ont pas été surpris par l’armée, ils sont partis de Kinshasa pour le lieu de leur assassinat via le tristement célèbre Beach de Brazzaville.
Mme Yvonne Adélaïde MOUGANY ex Mme Adelaïde MOUNDELE NGOLO ex Mme Ange DIAWARA n‚est pas responsable de la mort de Ange DIAWARA et de ses compagnons. L’engagement d’un homme en politique et même dans bien d’autres milieux ne nécessite pas l’autorisation de l’épouse. Sa position actuelle de ministre est le fait de ses efforts. Par ailleurs, si elle a fait usage de quelques artifices physiques pour monter dans la hiérarchie nationale, ce n’est que naturel.
C’est donc MOBUTU et lui seul qui était responsable du transfert à Brazzaville de Ange DIAWARA et de ses compagnons une nuit de 1973.
Ce sont les amis de Ange DIAWARA et tous ceux qui se réclament du M 22 qui sont ingrats. Ils sont responsables de la profanation de cette tombe et de la falsification de notre histoire qui est en cours. Et pourtant, ils ont les moyens politiques et financiers pour faire enterrés dignement Ange DIAWARA et ses compagnons.
Pour la plupart ils sont fiers d’avoir appartenu au M 22, certains et pas des moindres ont monnayés à leur profit l’appartenance à ce mouvement et occupent encore des fonctions importantes au sein de l’administration congolaise ; d’autres, au Congo ou en exil gagnent correctement leur vies.
N’oublions jamais qu’ils sont 32 dans cette tombe.






