Des propositions issues de la solidarité caribéenne pour Haïti

septembre 3rd, 2010 Posted in Evènements | No Comments »

Qui fait quoi en Haïti dans le cadre de la reconstruction ? Comment les aides extérieures peuvent-elles être déployées sans affaiblir les fragiles organisations locales ? Comment éviter que l’aide ne devienne plus un fardeau qu’un soutien ? – une expression haitienne dit: « Kabrit ki gen trôp mèt mouri nan kòd » (Lorsqu’un cabrit a trop de maitres, il meurt attaché). Comment ne pas se sentir étranger dans son propre pays, lorsque les sites Internet et les réunions concernant l’urgence se tiennent dans une langue étrangère ? Comment les Haitiens, Caribéens ou autres peuvent apporter leurs contributions ? Comment garder la mémoire de la solidarité exprimée dans la Caraïbe qui a été exemplaire et déterminante mais souvent ignorée par la presse internationale? Comment faire comprendre que l’on ne reconstruit pas de la même manière dans la Caraïbe que dans le Morbihan ou au Tennessee ? Comment accéder à l’aide internationale lorsque l’on réside en province ? Enfin l’humour haïtien pourrait résumer la situation actuelle par cette dernière question : Les médecins au chevet d’Haïti savent-ils que le coeur est encore à gauche et le foie toujours du côté droit ?

Toutes ces questions et la cacophonie qui règnent dans la République plus de 6 mois après le séisme qui a coûté la vie à plus de 300.000 personnes et a provoqué des centaines de millions de dollars de dégâts ont poussé l’Union latine, l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) et ses partenaires à organiser une forme de koumbit (entraide) au nom de la solidarité caribéenne. Une trentaine de personnes choisies parmi les ONG de la nation (comprendre : Haïtiens de l’intérieur et de l’extérieur du pays) mais aussi du reste de la Caraïbe, des institutionnels, des individus engagés pour la reconstruction du pays se sont concertés durant quatre jours, du 20 au 26 juin 2010 pour penser des projets en accord avec les besoins de la population et utilisant les technologies de la communication (Internet, radio, télé) Pour rappel, quelques minutes à peine après la catastrophe, ces technologies prouvaient à nouveau leur efficacité à toucher un large public et faire passer des informations vitales. Ces outils pourraient donc être développés et pensés pour non seulement permettre plus de concertations, plus de transparence dans ce pays en devenir.

Energie stimulante, fâcheries, incompréhensions, tensions, détente, consensus… toutes formes d’émotions et d’états d’esprit ont parcouru le groupe, se prêtant là à un exercice de démocratie délicat où les participants exprimaient leurs besoins pour éviter de rester sur un sentiment de frustration. Finalement le défi posé par l’Union latine, l’Organisation de la Francophonie (OIF), le GHRAP consistait à créer les conditions d’un dialogue entre des points de vue et systèmes de valeur différents exprimés dans plusieurs langues (français, espagnol, anglais, créole). Le fait que les participants à cette réunion soient issus de la société civile a motivé notamment Marcel Clodion, consultant pour des projets de développement dans la Caraïbe, à y participer, convaincu que les acteurs présents n’avaient aucun autre intérêt que l’expression d’une solidarité sincère et désintéressée pour accompagner le pays dans sa reconstruction.

Pendant ces quatre jours, la pluie et les vents d’une tempête tropicale rappelaient sans cesse le sort de milliers de personnes au même instant sous des tentes dressées après le séisme à quelques 300 kilomètres à l’Ouest. Quatre jours pour « laver les esprits », « changer de paradigme » au sujet d’Haïti, trouver des solutions innovantes qui tiennent compte par exemple des nouvelles situations, comme celles notamment, des personnes amputées suite au séisme.

Cependant, comment éviter les écueils que rencontrent bon nombre de projets venus de l’extérieur qui le plus souvent sont considérés d’avance comme voués à l’échec par les acteurs locaux ? Peut-être en considérant que les acteurs locaux impliqués dans Cardicis garantissent la consultation d’experts et structures locaux. De plus, l’implication des partenaires de Cardicis comme l’UIT (Union internationale des télécommunications), le GHRAP (qui mène depuis trente ans des études et actions sociales en Haïti), l’ISOC* mais également le suivi assuré par les membres de cette réunion Cardicis devraient permettre à des porteurs de projets de d’être informés et de s’emparer de ces propositions « libres de droit ».

Les propositions
Une des solutions à la cacophonie actuelle consisterait dans un premier temps à développer un portail interactif informant non seulement sur les actions, mais permettant aux organisations de base (grass roots organisations / organisaciones de base) de faire connaître leurs besoins. Cardicis prendra en considération les sites Internet déjà existants. De plus, pour que cet outil basé sur la technologie atteigne le public ciblé, la communauté Cardicis a réfléchi aux actions à mener pour leur permettre cet accès indispensable. Ainsi, un projet de caravane d’ordinateurs portables dont le concept a été détaillé et validé par Cardicis pourrait être une solution à condition d’intégrer tous les facteurs indispensables à son efficacité. Facteurs que l’assemblée a tenté d’identifier.

Ces propositions appartiennent désormais au domaine public et peuvent être précisées, développées par la communauté Cardicis articulée par les membres de Funredes.

Contact secrétariat :
Le secrétariat chargé du suivi est composé de Schiller Jean-Baptiste, Olivier Beaulieu-Mathurin et une personne choisie par l’Union latine. Leur mission devrait prendre fin en décembre 2010, au plus tôt. Le temps presse.

Parmi les 19 participants :
Haïti : Schiller Jean-Baptiste, Stéphane Bruno, Berg P. Hyacinthe, Margareth Mathurin, Emile Brutus, Alix Baker, Mehdi Benchelah, Olivier Beaulieu-Mathurin, Rick Davis, André Bogentson, Steeve Coupeau, Colette Lespinasse, Philippe Mathieu, Eric Sauray
St-Lucia : Deirdre Williams
Trinidad : Taran Rampersad
Guadeloupe/Martinique : Marcel Clodion, Karole GizolmeRépublique Dominicaine : Sergia Galvan, Margarita Jimenez, Senaïda Jansen, Angela Hernández, José Manuel Domínguez

Canada/France/Amérique latine : Jean-Michel Annequin, Yhaovi Wulfran Kokouvi, Daniel Prado, Christian O’Flaherty …

Les indispensables interprètes qui se sont largement impliquées dans les réunions pour préciser les idées, éviter les malentendus : Danielle Lebon, Limary Gutiere, Magali Laraque, Rose-Lourdes Elysée, Yona Sorel, Carine Malfait

Les membres de Funredes : Cristabel Sosa, Eddy Nohile, Edwige Balutansky

ISOC : ONG internationale qui apporte son leadership dans le monde entier en matière de normes, éducation et politique relatives à l’Internet

GHRAP : Groupe haïtien de recherches et d’actions pédagogiques qui a notamment en amont de la réunion Cardicis, organisé une consultation auprès des acteurs de la société civile haitienne de divers profils puis mené une analyse des préoccupations des acteurs de la société civile haitienne et des enjeux de la reconstruction après le séisme du 12 janvier 2010. Le GHRAP a été fondé par Margareth Mathurin dans les années 80.

Indian Ethnoscapes in Francophone Literature

septembre 3rd, 2010 Posted in A lire ou à relire…, Billets d'Humeur | No Comments »

«L’Esprit créateur», prestigieuse revue d’études francophones publié par John Hopkins University Press et l’Université du Minnesota publie un numéro spécial « Indian Ethnoscapes in Francophone Literature », consacré aux écrivains francophones descendants de l’engagisme – la période d’exploitation des travailleurs qui succéda à l’esclavage et vit l’arrivée des Chinois, Congos et Indiens dans les plantations des îles.

Nous notons avec plaisir parmi les contributeurs plusieurs chercheurs et essayistes caribéens : Patricia Donatien-Yssa, Jean S. Sahaï, Gerry L’Etang.

Espérons que cette publication, précieuse par son sujet révélateur, rarement traité en profondeur, sera rapidement disponible dans les librairies, médiathèques, bibliothèques et CDI de nos îles.

Il peut être commandé à la Librairie des Mémoires

Emergences Caraïbes : une création théâtrale archipélique – Numéro spécial d’Africultures

septembre 3rd, 2010 Posted in A lire ou à relire…, Billets d'Humeur | No Comments »

Vient de paraître : Emergences Caraïbes : une création théâtrale archipélique – Numéro spécial d’Africultures. Un ouvrage conçu et réalisé par Sylvie Chalaye (Paris III) et Stéphanie Bérard (Université de Virginie / Etats-Unis)

Réflexion sur la création scénique contemporaine de la Caraïbe à travers l’analyse de la singularité archipélique du théâtre dans les Antilles, tant du point de vue des esthétiques que du point de vue des lieux et des enjeux historiques et culturels, ce volume a pour ambition de mettre les projecteurs sur la pluralité de la création artistique en Guadeloupe et Martinique.

L’archipélisme suppose morcellement et diffraction, mais il apprend aussi à cultiver la diversité et surtout à entretenir les racines aériennes de toutes les hybridations.

C’est ainsi l’effervescence d’une créativité ultramarine étonnante que nous avons souhaité mettre en avant en faisant entendre les voix de cette création contemporaine.

Donner la parole aux créateurs comme aux opérateurs culturels qui encouragent la création contemporaine aux Antilles a été une priorité. Et il nous est apparu essentiel d’aborder les expressions dramatiques des îles comme de réels objets d’étude dans toute leur portée esthétique, historique et sociologique. L’émergence de la créativité artistique de la Caraïbe, notamment en Guadeloupe et en Martinique se veut une « é-margence », une revendication de la marge mise en lumière.

Et si l’archipélisme induit des difficultés de circulation, de transmission, de diffusion, cette singularité est aussi celle d’une pluralité assumée, d’un éclatement scintillant, qui défend métissage et mélange. Cette « é-margence » se nourrit de marronnage, et ne craint pas l’inconfort des chemins de traverse, elle est intimement liée à la naissance d’une conscience diasporique qui n’a d’autre choix que d’inventer de l’inédit.

ISBN : 978-2-296-10351-1
Genre : études littéraires, critiques
Prix : 21.55 euros
Nombre de pages : 292
Parution : mai 2010

Editions : L’Harmattan/Africultures

Podcast : Paris-sur-mer consacré au dictionnaire culturel des Caraïbes

septembre 3rd, 2010 Posted in Evènements | No Comments »

Dominique Roederer reçoit J.P. Duviols co-auteur du Dictionnaire culturel des Caraïbes paru en décembre 2008. A écouter en ligne Lien direct ou sur www.rfo.fr > radio ô > magazines (émission du 13/09/09 – A..B… Caraibes)

En attendant le Dictionnaire des Mascareignes, celui de la Mélanésie, de la Polynésie ou des Grands Bancs de l’Atlantique Nord, le Dictionnaire culturel des Caraïbes englobe toutes les îles et pays riverains de la mer des Antilles. Ils partagent une géographie et une histoire coloniale commune mais les influences linguistiques et culturelles espagnole, anglaise, française, voire hollandaise ou scandinave ont forcément engendré des évolutions différentes. Ce sont ces comparaisons, que l’on peut aussi établir ailleurs outre-mer, auxquelles nous renvoie l’ouvrage de Jean-Paul Duviols et Pedro Ureña-Rib. Autre question qui se pose avec tout dictionnaire, celle des choix : pourquoi avoir laissé tant de place à untel et passé tel autre sous silence ? L’auteur s’en tire en prenant des notes pour la deuxième édition….

« La diversité est une réalité, pas un concept » selon Jean-Marc Crantor, expert dans le secteur de l’audiovisuel.

septembre 3rd, 2010 Posted in Cinéma, Evènements | No Comments »

Nommé Président de France Télévisions au mois de juillet 2010 par Nicolas Sarkozy, Rémy Pflimlin a pris ses fonctions il y a quelques jours. Bien qu’il ait présenté la diversité comme l’élément moteur de la nouvelle dynamique de la holding pendant ses auditions devant le conseil supérieur de l’audiovisuel (le CSA), il semblerait que sa nouvelle équipe ne soit pas représentative en la matière. Le chemin vers la diversité dans les médias semble donc encore bien long… Pour mieux comprendre, nous avons rencontré le guadeloupéen Jean-Marc Crantor spécialiste des médias et lui-même issu de la « diversité ». Il nous démontre, après un an de travail, pourquoi les médias français, dans leur rôle de lien social, devraient s’engager dans la promotion et la valorisation de la diversité pour mieux vivre ensemble et notamment au sein de la société française d’aujourd’hui.

Depuis quand parle-t-on de diversité dans les médias en France ?
Lorsque l’on parle de diversité, on fait référence à la diversité des sexes, des origines sociales et géographiques, des pratiques sexuelles. Il me semble important d’en donner une définition assez large sans prétendre répondre à toutes les questions que sous-tend cette problématique car cela est quasiment impossible. La définition que je retiens est une définition ethnoculturelle associée à une définition sociale. Pour moi, cette double origine est au centre des préoccupations aujourd’hui. En France, on parle de diversité dans les médias à partir de la fin des années 1990. En 1999, le Conseil supérieur de l’audiovisuel (le CSA), s’était alors intéressé à la diversité et avait réalisé la première étude quantitative sur la représentation de la diversité de la société française à la télévision. Aux vues des résultats de cette étude, l’instance de régulation avait alors estimé qu’il fallait « colorer » les médias pour qu’ils soient plus représentatifs de la société française contemporaine telle qu’elle est aujourd’hui puisqu’elle n’a plus rien à voir avec celle d’il y a 50 ans.

Qu’en est-il aujourd’hui, en 2010 ?
Une récente étude réalisée par Ifop Média pour le CSA en octobre 2009, montre que dans les sujets d’actualité français seulement 6% des invités, chroniqueurs, experts, personnages principaux des reportages sont perçus comme issus de la diversité. Autre chiffre parlant : dans la fiction française inédite 5% des personnages centraux de ces fictions sont issus de la diversité. Cela signifie en d’autres termes que rien n’est fait en la matière. En matière de ressources humaines les études faites par la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (HALDE) et l’Institut national des études démographiques (INED) se montrent encore plus sévères puisqu’il n’y a quasiment aucun représentant de la diversité qui dirige une chaîne de télévision, ou qui fait partie du comité exécutif, du comité de direction ou encore du directoire.

Vous dressez un tableau plutôt affligeant, non ?
C’est vrai, cela fait dix ans que l’on parle de diversité et cela fait dix ans que l’on a l’impression que rien n’a changé. Il n’y a pas eu de vraies réflexions de la part des chefs d’entreprise sur ces questions là. Et moi je prends toujours l’exemple d’Audrey Pulvar qui présentait le Soir 3 sur France 3 mais lorsqu’elle est partie il n’y a pas eu un journaliste pour la remplacer ! Le constat est affligeant en effet. De plus la diversité dans les medias ne concerne pas que la télévision mais touche tous les médias : la radio, la télévision ou Internet, la presse écrite. La diversité pour moi ce n’est pas un concept c’est une réalité. Ceux qui sont sensés en rendre compte ne la voient même pas !

C’est en raison de ce bilan négatif que la Commission Médias et Diversités a été mise en place ?
En avril 2009 le haut-commissaire de la Diversité et l’Egalité des chances, Yazid Sabeg, m’a nommé membre et rapporteur au sein de la commission Médias et Diversités. Cette commission réunit une trentaine d’experts issus du monde des médias et des personnalités qui investissent dans les questions de la diversité. Son objectif : proposer des solutions concrètes pour permettre une meilleure représentation de la diversité dans les médias et analyser la façon dont les médias traitent la diversité. Ces analyses ont donné lieu à la rédaction d’un rapport remis au commissaire de la diversité le 27 mai 2010.

Quelles sont les conclusions de cette Commission ?
Le rapport propose dix-sept recommandations qui s’organisent autour de 5 axes principaux : inciter les entreprises de médias à s’engager dans la diversité en les incitant à signer des chartes et à adopter des labels et notamment le label AFNOR ; généraliser la transparence des recrutements ; inciter à la production et la programmation et distribution d’oeuvres audiovisuelles françaises favorisant la diversité avec un système d’aides et enfin, mieux mesurer la diversité dans les médias avec des indicateurs pour suivre les évolutions, et alerter les chaînes, les radios sur leur politique en matière de diversité. Pratiques et concrètes, ces recommandations peuvent être intégrées assez rapidement et facilement par les entreprises.

Mais pourtant certaines entreprises telles que la holding FranceTélévisions se sont déjà fortement engagées dans la valorisation de la diversité, selon vous, leurs efforts sont insuffisants ?

Ce n’est qu’en juin 2009, que France Télévisions, alors présidée par Patrick de Carolis, crée le Comité Permanent de la Diversité de France Télévisions. Ce comité a publié un rapport le 12 avril 2010 et la première phrase du rapport est sans appel : « France Télévisions n’est pas encore la télévision de tous les Français ». Tout est dit. Donc cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas eu d’efforts de faits mais ils demeurent insuffisants. Il est très important que le service public soit un exemple en la matière aussi bien en radio qu’en télévision. Etant financé en grande partie par les deniers publics, il paraît normal que tous les téléspectateurs puissent d’identifier à leur télévision.

L’arrivée de France Ô sur la TNT nationale contribue-t-elle à faire de la diversité une réalité ?
Oui, mais il faudrait que France Ô ne soit pas la chaîne de la diversité mais des outremers et qu’on lui donne les moyens d’être une vraie chaîne nationale. Son rôle est d’assurer la continuité territoriale Outremer – France pour que les métropolitains aient une meilleure connaissance de ces espaces, dans toutes leurs diversités. Je pense que si la diversité doit être plus présente dans l’entreprise France Télévisions, elle ne doit pas être une exclusivité France Ô mais le dénominateur commun de toutes les chaînes du groupe France Télévisions. En effet, si seule France Ô fait de la diversité, cela me pose un vrai problème. On passerait en effet à côté de la mission du service public sur la diversité. Il faut définir une vraie politique et le rôle d’une chaîne par rapport à l’autre.

En guise de conclusion, pourquoi la question de la diversité médiatique vous semble essentielle ?
Tout simplement parce que les médias participent pour une grande part à façonner les représentations que la société française a d’elle-même, et en ce sens doivent refléter cette société dans toute sa diversité. Les médias contribuent à fabriquer les normes et les modèles communs, ils définissent et donnent à voir des événements et des actualités qui infléchissent le regard sur la société et sur la France dans le monde. Mieux cette représentation reflètera la société française dans toute sa diversité, mieux elle contribuera à assurer la cohésion sociale et à lutter contre les discriminations.

Entretien réalisé par Nathalie Antiope

Professionnel des médias, l’expérience de Jean-Marc Crantor s’appuie sur une vision globale du secteur de l’audiovisuel. Son parcours diversifié lui a permis de conjuguer une approche macro-économique du marché (chargé de mission au CSA, chargé de mission puis adjoint du responsable des études au Service juridique et technique de l’information (SJTI), analyste financier responsable du secteur Médias chez Global Equities) à une dimension opérationnelle (directeur des antennes à RFO Guadeloupe, conseiller auprès du PDG de (Largardère Television International) ). Il a également dirigé la publication d’ouvrages statistiques sur le secteur de la télévision et de la radio publiés à la Documentation française.

Quelques repères chronologiques
1999 : création du Collectif Egalité sous l’impulsion de l’écrivain Calixthe Beyala puis Luc Saint-Eloi
2000 (septembre): rapport « Présence et représentation des minorités visibles à la télévision française ». Première étude qualitative et quantitative de la diversité réalisée par le Conseil supérieur de l’audiovisuel.
2004 (septembre) : Audrey Pulvar présente le Soir 3 sur France 3, aux côtés de Louis Laforge
2006 (juillet) : Harry Roselmack présente le JT sur TF1, première chaîne européenne en terme d’audimat
2009 (mars) : Marijosé Alie est chargée de mission « diversité » à France Télévisions par Patrick de Carolis
2009 (mai) : création de la Commission Médias et Diversités
2010 (mai) : conclusions du rapport de la Commission remises au haut-commissaire de la Diversité et l’Egalité des chances, Yazid Sabeg

A lire ces rapports, cliquer ici.

Retour sur le festival de Douarnenez qui a enthousiasmé les coeurs, les corps et les esprits

septembre 3rd, 2010 Posted in Cinéma | No Comments »

Photo : de g. à d., Fabienne Pourtein, Daniel Goudrouffe, Franck Compper

Non content de proposer un riche programme de films (documentaires et fictions) et rencontres consacrés à la Caraïbe, le 33ième Festival de Douarnenez a plongé les participants, dans un bain de langues (breton, créoles, français, langues des signes, d’échanges à tous les vents (et il y en eu, du vent, et même des pluies tropicales !), et de convivialités re-vivifiantes, mêlant cultures et générations. Journée type d’une festivalière sérieuse .

Palabre à 10h du matin (thé, café, kouign amann, -ah le kouign amann de Douarnenez !-) avec les jeunes cinéastes de Jacmel (Haïti) ou avec les réalisateurs martiniquais Alain Agat et Christian Foret, ainsi que le photographe Daniel Goudrouffe (Guadeloupe), ou encore Anne Lescot parlant des réseaux de solidarité dans la Caraïbe (notamment Réseau Culture Haïti) et présentant le Guide de la Caraïbe culturelle. On enchaîne à 11h avec un film d’une des sections, souvent suivi d’un débat avec les réalisateurs, on va manger sur la place du Festival, bons petits plats d’ici et d’ailleurs à prix d’amis, vins de pays et papotage avec les voisins, les amis, les invités du Festival. Pour les plus assidus, séance à 14h30, mais souvent, le temps des échanges nous emmenait à la projection de 16h – ou au cours de breton voire de langue des signes – puis au débat sous le chapiteau central (18h-19h), suivi d’un ou deux autres films !

Débats encore, rencontres toujours (« et toi, tu as vu quoi ? »), découvertes et prises de conscience.

A voir successivement « Rue Case-Nègres » (fiction – Euzhan Palcy -1983), « les descendants de la nuit » (documentaire – Christiane Succab-Goldman – 1988) – « Boulevard du 5 février 2009 » et « Paroles d’intérieur » (documentaire sur les luttes de janvier-février 2009 en Martinique – Alain Agat et Christian Foret – 2010), on comprend l’essentiel de nos histoires, leur épaisseur humaine, et les questions qui agitent aujourd’hui l’outre-mer, pour ceux qui ne possèdent pas déjà les principales clés de compréhension.

La sélection de films sur ou d’Haïti nous laisse rêveurs : tant de dynamisme, d’initiatives individuelles et collectives, de richesses culturelles, dans un pays fouetté par l’injustice et la misère depuis si longtemps… C’est peut-être cette vision qui nous aura le plus regonflés d’énergie, pour repartir des projets plein la tête….

Ah oui, j’oubliais le Fest Noz – ah la fascination de l’ami et conteur Franck Compper devant ces foules bretonnes dansant la gavotte, toutes générations mêlées, sous le grand chapiteau !-, de la soirée « Fort de France remix » création vidéo et musique de Gilles Elie-dit-Cosaque (Martinique) avec invités bretons et haïtiens, ou des grands concerts de clôture : salsa cubaine endiablée, voix envoûtante de Carlton Rara, et autres steel drums (je vous recommande chaudement le mix konpa/raï/calypso, …).

Il faut avoir vu la blanche calvitie d’un sage sexagénaire sautiller furieusement sur un ska endiablé, aux côtés de blond jeune homme à dread-locks (et son total look altermondialiste), à l’image du reste de la foule, pour comprendre et savourer la palpitation généreuse du Festival de Douarnenez. Et cela tous les soirs jusqu’à 1 ou 2h du matin. 5 salariés, 350 bénévoles (deux à trois générations se croisent parfois sur le festival), alliant efficacité, humour et gentillesse. Cela fait 33 ans que cela dure !

A côté de nos îles, pardon de nos territoires (la Guyane était présente), un grand coup de projecteur sur la Birmanie et sa terrifiante dictature à laquelle résiste comme il peut un peuple abandonné par la communauté internationale. Total et Alcatel, de leur côté, commercent sans états d’âme avec la dictature, qui utilise leurs produits de la pire façon qui soit. Mais aussi une sélection « la Grande Tribu » consacrée à des films marquants (mention spéciale, toute subjective à « Jean Ziegler, contre l’ordre du monde » film en première projection d’Elisabeth Jonniaux ) ou à des films sur le monde des sourds, ainsi qu’un Grand Cru Bretagne (films en breton ou tournés en Bretagne).

Qu’est-ce qu’on attend, dans nos outre-mer, pour en faire autant, parler de nous et accueillir le monde?

Qui a dit que l’Etat doit assurer l’accueil des demandeurs d’asile ?…

septembre 3rd, 2010 Posted in Evènements | No Comments »

….Eric Besson, Assemblée nationale Commission élargie pour examen crédits de mission Immigration et intégration, 29 octobre 2009 .

« Enfin, je veux vous rassurer, si les prévisions étaient dépassées, le Premier ministre m’a garanti que les besoins nécessaires seraient couverts en gestion en 2010. L’engagement figure dans la lettre plafond du projet de loi de finances pour 2010. L’État n’a de toute façon jamais manqué à ses devoirs en matière d’asile ; » « Toutes les demandes de concours financier adressées à mon ministère par les préfectures au titre de l’hébergement d’urgence ont été honorées ».

Pourtant les militants RESF, depuis quelques années, peuvent constater une aggravation manifeste des conditions dans lesquelles les demandeurs d’asile sont accueillis par les services.

A Clermont-ferrand, jusqu’à ces derniers temps, les familles arrivantes comportant des enfants, pouvaient être prises en charge par la Dass dans des conditions que l’on pouvait qualifier de mauvaises : hôtels crasseux, exigüs, manger infecte, etc. Depuis plusieurs semaines, le service d’accueil et d’orientation de Clermont-Ferrand qui gère ces besoins a reçu la consigne (de la Dass) de ne plus héberger les familles arrivantes demandeurs d’asile. Certaines familles se sont donc retrouvées à la rue et ont couché dehors. Ici, c’était jusqu’à maintenant le sort réservé aux hommes célibataires.(le 115 étant surchargé)

Par ailleurs, même après avoir accéder au « statut » de demandeur d’asile et reçu leur récépissé, la plupart des familles arrivantes sont placées dans des camping (même avec un enfant de 1 an…) en attendant un hypothétique placement en CADA.

Naturellement, durant l’année en cours les familles déboutées de l’Ofpra en procédure prioritaire n’ont plus aucune possibilité et sont exclues de tous droits sociaux (sauf l’AME), ainsi que celles qui, en procédure normale, sont déboutées de la CNDA. Elles sont considérées en « situation irrégulière ».

Pire. Lorsque des familles placées dans ces situations, jettent l’éponge et demandent l’aide au retour, elle se voient toujours exclues de tout hébergement et de tout droit.(trois mois minimum avant que le retour ait lieu). Elles ne sont pourtant plus « irrégulières »…

Le sort fait aux étrangers pauvres est de plus en plus indigne et s’apparente à celui rencontré dans les pays en voie de développement.

Les droits élémentaires sont bafoués. La loi est ignorée. Les élus, saisis par les organisations ne semblent pas motivés par ce scandale.

Cette situation est bien sûr semblable dans de nombreuses régions, comme en témoignent certains messages (voir aujourd’hui M.C. Vagnier).

Certes, le rôle de RESF n’est pas de pallier aux manques de l’Etat, mais force est de constater que l’existence matérielle de nombreux demandeurs d’asile est assurée maintenant par la générosité personnelle des sympathisants. Cette situation n’est pas tolérable.

Il me semble que RESF (avec éventuellement l’aide des associations partenaires) pourrait :

- Mener une vraie campagne sur le sujet précis de l’hébergement des demandeurs d’asile. Exiger de l’Etat qu’il remplisse la mission d’accueil qui est la sienne.

- Engager la population à manifester sa solidarité vis-à-vis des demandeurs d’asile.

Ce serait un moyen de faire vivre l’un des principes fondateur de notre République Universelle, celui de « Fraternité ».

Jean Dupouy

A paraître: Invers@lis Newsletter

septembre 2nd, 2010 Posted in A lire ou à relire…, Billets d'Humeur | No Comments »

Invers@lis Productions est spécialisée sur les thèmes de la traite, de l’esclavage, de la colonisation et de la culture prolétaire, et elle se consacre à la promotion de la diversité et du développement sociétal par la culture et la diffusion des connaissances.

Pour développer son activité de manière complémentaire, Invers@lis Productions a fondé un département librairie corollaire à son activité audiovisuelle, avec comme thème générique : la mémoire. Ce département s’appelle d’ailleurs Invers@lis, la Librairie des mémoires. L’ensemble des mémoires, des cultures, des populations qui composent l’humanité y sont représentées. Chacune est l’égale de l’autre, sans confrontation ni hiérarchie. Il s’agit de partage tel que peuvent les représenter les notions de négritude, de créolisation, de diversité, d’altérité, voire de «vivre-ensemble».

La conjugaison du film et du livre est à ce jour un concept nouveau et unique sur l’hexagone. Forte de cette innovation, Invers@lis fait le lien entre deux supports de connaissance et de mémoire (films et livres) et développe le concept marketing de traces laissées (traces vidéo, textuelles, etc.),. Plus largement, la société approfondit cette articulation en utilisant et développant le médium majeur qu’est aujourd’hui Internet avec le site Invers@lis, site multimédia axé sur l’interdisciplinarité structuré autour de trois axes.

Invers@lis actualités porte la devise “Altérité, Liberté, Égalité, Fraternité” et publie une information sur les Mémoires des personnes héritières des immigrations, de cultures de la Solidarité, des personnes héritières des luttes contre les Discriminations, le Racisme et des cultures de la Résistance.

Invers@lis productions dispose d’un catalogue complet de films portant sur la mémoire des personnes issues de la traite, de l’esclavage et de la colonisation, et sur la solidarité de la culture populaire et de la lutte contre les discriminations. Son site, doté d’une plate-forme vidéo en accès libre, propose et accueille des documentaires, des films court ou long métrage, des émissions ainsi que des spectacles (musique, danse, théâtre) de divers pays, producteurs et réalisateurs promouvant la diversité.

La Librairie des Mémoires propose des ouvrages sur des thèmes riches et divers centrés autour des Droits de l’Homme : l’esclavage, la colonisation et leurs descendants légitimes : politiques, syndicalistes, sociologiques, psychanalytiques, naturalistes, iconographiques, géographiques, économiques, littéraires, artistiques, sportifs…

Dernier élément de la chaîne des outils de communication d’Invers@lis, la Newsletter a pour objet d’établir la transversalité entre les trois axes de la société Invers@lis Productions que sont la plateforme de films, la librairie et l’actualité. Cette nouvelle fonctionnalité permet de lier le film au livre, le film à l’actualité, le livre à l’actualité voire de lier les trois supports ensemble : le film, le livre et l’actualité.

Le second objet d’Invers@lis Newsletter est d’informer de manière hebdomadaire par un article de fond sur l’actualité de la semaine permettant de clore celle-ci par une analyse avec une critique plus aigue sur l’actualité forte énoncée durant la semaine.

Invers@lis Newsletter, c’est aussi informer de manière quotidienne par un article thématique sur le Social, l’Education, la Cuisine, la Culture (Cinéma/Livres), la Mode, le Divertissement, et les Loisirs.

Enfin, Invers@lis Newsletter est l’initiatrice d’un jeu sur les Mémoires des personnes héritières de l’immigration selon le principe « QUID » sous la forme d’une question. Le premier lecteur qui donnera la réponse juste gagnera un prix.

La Newsletter est aussi un espace de dialogue ouvert à vos contributions : si vous souhaitez participer à l’évolution du site Invers@lis actualités ou à la Newsletter par des articles en lien avec les thématiques d’Invers@alis – culture, cinéma, divertissement, loisir, mode, proposez-les à la rédaction. Envoyez-les par courriel à inversalis.productions@orange.fr.

Proche-orient : les dossiers qui fâchent

septembre 2nd, 2010 Posted in Evènements | No Comments »



Mahmoud Abbas et Benjamin Netanyahu se sont engagés à se rencontrer toutes les deux semaines pour parvenir à la paix au Proche-Orient, un premier résultat de la relance de leur dialogue soutenu par les Etats-Unis.


Tête-à-tête inattendu entre Abbas et Netanyahu

48 CRS de l’Aude en arrêt maladie pour protester

septembre 2nd, 2010 Posted in Evènements | No Comments »


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Plus de répression, plus de violence?

septembre 2nd, 2010 Posted in Evènements | No Comments »

Après le guet-apens dont ont été victimes 3 policiers à Gennevilliers, le ministre de l’Intérieur a annoncé l’extension des peines planchers aux auteurs de violences aggravées. La surenchère sécuritaire est-elle la bonne réponse à la surenchère de la violence ?



Gennevilliers : 3 policiers pris dans un guet-apens

septembre 2nd, 2010 Posted in Evènements | No Comments »



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Martine Aubry en porte-à-faux sur l’évacuation d’un camp de Roms

septembre 2nd, 2010 Posted in Evènements | No Comments »

Embarrassée par les affirmations de plusieurs personnalités de la majorité, qui ont expliqué lundi que la ville de Lille avait demandé l’évacuation d’un camp de Roms, Martine Aubry a tenté de rectifier le tir, mercredi 1er septembre.

Lundi matin, François Fillon a profité de son passage à la radio pour expliquer que la première secrétaire du PS s’émouvait du sort réservé aux Roms, mais que sa mairie avait demandé l’évacuation d’un camp construit en périphérie de Lille. Brice Hortefeux et Eric Besson sont revenus à la charge dans l’après-midi, le ministre de l’intérieur expliquant que l’évacuation de ce camp, situé selon eux à Villeneuve-d’Ascq, avait été réalisée « à la demande expresse de Martine Aubry et aurait pu être arrêtée à tout moment si elle l’avait souhaité. Or, il n’en a rien été ».

Sur le moment, Martine Aubry s’est contentée de rétorquer qu’évacuer un terrain n’était pas la même chose qu’expulser « par charters entiers ». Puis, la communauté urbaine de Lille, dirigée par la première secrétaire socialiste, a contesté les informations de Brice Hortefeux. Selon Michel-François Delannoy, vice-président de la communauté urbaine, il n’y a pas eu d’expulsion depuis le mois de juin. Faux, a répondu Brice Hortefeux, qui a évoqué une demande le 19 juillet.

Une version que semble corroborer la publication par Le Figaro, mercredi soir, d’une lettre montrant que la communauté urbaine, « représentée par sa présidente » (Martine Aubry) a bien fait saisir la justice le 19 juillet pour demander, l’expulsion par la force du terrain de Villeneuve-d’Ascq.

UNE INITIATIVE DU MAIRE DE VILLENEUVE-D’ASCQ

Le quotidien publie jeudi la requête adressée au tribunal de grande instance de Lille par l’avocat de la communauté urbaine, Me Maurice-Alain Caffier, ainsi que la décision de justice qui fait droit à cette demande et le procès-verbal de réquisition de la force publique décidé pour mener à bien l’expulsion. « Depuis quelques jours, plusieurs véhicules et caravanes se sont installés, sans droit ni titre. (…) Il s’agit là d’une violation flagrante du droit de propriété, cette installation sauvage risque d’être à l’origine de difficultés et troubles de voisinage et il y a urgence à ordonner leur expulsion », lit-on dans la requête de la communauté urbaine.

Mais pour Michel-François Delannoy, si la communauté urbaine a bien fait procéder à l’évacuation de camps dangereux ou insalubres, « tout a changé » depuis « le discours sécuritaire de Nicolas Sarkozy ». Lille a décidé que « les demandes d’évacuation sont gelées », car les Roms risquent désormais d’être expulsés du pays.

La communauté urbaine précisait par ailleurs mercredi, dans La Voix du Nord, que la demande n’émanait pas directement de la maire de Lille mais du maire de Villeneuve-d’Ascq, la commune où étaient installés les Roms : « Comme nous sommes propriétaires des terrains, les demandes sont passées par nous pour des raisons de procédure. Nous les avons formalisées. Mais nous n’étions pas leur initiative. » Ce qu’a confirmé, dans le même journal, le maire divers gauche de Villeneuve-d’Ascq, Gérard Caudron : « J’ai demandé les expulsions à la communauté urbaine. Je ne change pas d’avis selon l’air du temps. J’ai toujours dit que je m’en tenais au respect de la loi. Et la loi, ce n’est pas de laisser s’installer des bidonvilles aux portes des villes ».

« NOUS NE VOULONS PAS ÊTRE COMPLICES D’EXPULSIONS »

Insistant mercredi sur la différence entre « l’évacuation » d’un terrain et « l’expulsion » de Roms vers leurs pays d’origine, comme le rapporte Nord Eclair, Martine Aubry a cependant confirmé que la communauté urbaine gèlerait ses demandes d’évacuation de campements. « Les évacués sont toujours là », a-t-elle déclaré, « ils sont désormais sur le parking du Triolo et sur celui de l’école d’architecture. Ils resteront là car nous ne voulons pas être complices d’expulsions ». Une nouvelle installation dont Gérard Caudron ne se satisfait pas : « Je ne suis pas d’accord », dit-il à La Voix du Nord. « Je demande à la communauté de les faire partir ». Ce devrait désormais être plus compliqué.

La présidente de la communauté urbaine a enfin dit avoir appris, avec une certaine surprise, que « nous aurions pu nous opposer à cette décision. C’est nouveau ça ! J’ai eu le préfet ce matin. Jusqu’ici, il nous avait toujours dit le contraire. Nous allons donc lui envoyer une lettre pour lui demander de surseoir aux expulsions de Roms ». Rappelant par ailleurs que le tribunal administratif de Lille avait annulé sept arrêtés de reconduite à la frontière, elle s’est aussi dite prête à « implanter des villages d’insertion » de Roms, en demandant pour cela « un accompagnement financier » de l’Etat.

Le Monde